Coup de coeur·Thriller

Robe de marié – Pierre Lemaitre

couv53950924



Robe de marié
Pierre Lemaitre
Édition Le livre de poche,
2010
314 pages

Genre : Thriller



 

Résumé :

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

 

Mon avis :

« Robe de marié » est un des meilleurs thrillers que j’ai lu et je l’avais dévoré d’une traite lors de ma première lecture il y a plusieurs années mais je n’avais pas réussi à le chroniquer car il regorge de rebondissements, ce qui est une force, mais qui pose aussi problème quand on ne veut pas trop en dévoiler, donc si je galère à en parler et que ma chronique ne ressemble à rien, eh bin, dites vous que c’est normal !

Bref, « Robe de marié » démarre avec Sophie, une jeune femme qui ne semble pas être aussi saine d’esprit qu’elle pourrait l’être, elle est perdue, dépressive et a des pertes de mémoire, et alors qu’elle passe la soirée avec le petit Léo dont elle est la nourrice elle est à nouveau victime d’un épisode d’amnésie et retrouve un peu plus tard le garçon mort et ligoté dans son lit. Aussitôt, Sophie qui pense être à l’origine de cette mort décide de s’enfuir, et sa cavale commence…

Mon résumé ne concerne vraiment que les premières pages du livre, l’intrigue est en réalité bien plus riche et plus tordue qu’une simple chasse à l’homme (ou à la femme en l’occurrence), l’auteur joue autant avec les nerfs de Sophie qu’avec les nôtres, c’est une intrigue à fois glauque pour tous les cadavres que Sophie sème derrière elle, oppressante car on se retrouve dans sa tête alors qu’elle est complètement à côté de la plaque quant aux crimes commis et que ses trous de mémoire nous laisse autant perdu qu’elle, déconcertante quand on voit Sophie autant paumée alors qu’elle fait preuve de pas mal de lucidité et de ressources pour essayer de se sortir de ce pétrin et surtout c’est une intrigue affreusement intelligente et il faut lire ce titre pour se rendre compte d’à quel point l’histoire est bien construite car je trouve que c’est impossible d’évoquer quoi que ce soit sans trop en dire, je pourrais faire une chronique de dix kilomètres en utilisant tous les adjectifs mélioratifs possibles sans vraiment pouvoir expliquer à quel point l’histoire est intense et surprenante.

J’admets que je suis une bille avec les policiers / thrillers et que je devine rarement comment les choses vont tourner et encore moins comment elles vont se terminer mais je pense que « Robe de marié » est difficile à résoudre pour tout le monde et si vous deviez lire un thriller, pour moi, ce serait celui là !
Que ce soit à la découverte ou à la relecture, l’auteur tisse une histoire qui tient la route du début à la fin et qui est impossible à lâcher, et qui peut être assez perturbante autant pour l’état de folie dans lequel Sophie est plongée que pour l’un des retournements de situation qui peut rendre un chouilla parano (mais n’étant pas saine d’esprit moi même, c’est un peu de la triche !).
Pas forcément à mettre entre toutes les mains vu que c’est loin d’être léger (même si personnellement voir un gamin zigouillé me met directement en joie !), c’est surtout une atmosphère morbide et pesante plutôt que des scènes gores qui auraient gâché le truc à mes yeux, ici l’horreur est plus psychologique que sanglante et c’est bien plus efficace.

Bref je vois mal ce que je pourrais ajouter, je me suis limitée au minimum et il reste une bonne moitié de livre dont je n’ai pas dit un mot mais si je le fais je risque de vous spoiler comme une grosse radasse donc lisez le ! C’est un titre indispensable pour les fans de thrillers et de mon côté je le relirais sûrement dans quelques années et je pense qu’il me fera toujours autant d’effet !

En passant, ce livre devait être adapté en film (mais le projet étant au point mort depuis plusieurs années, pas sûre qu’il soit toujours prévu…) et s’il finit par arriver sur grand écran je serai curieuse (et exigeante) quant au résultat, à surveiller !

 

Ma note :
coupdecoeur
Coup de coeur·Policier·Série

Chronique série : And Then There Were None

and-then-there-were-none_1

Créée par Sarah Phelps.

Adapté de : Dix petits nègres d'Agatha Christie.

Diffusé sur BBC One en 2015
1 saison / 3 épisodes de 60 minutes.

Réalisateur : Craig Viveiros.

Scénariste : Sarah Phelps.

Avec : Maeve Dermody (Vera Claythorne), Charles Dance (juge 
Wargrave), Burn Gorman (William Blore), Aidan Turner (Philippe
 Lombard), Toby Stephens (Dr Armstrong), Sam Neil (général
 MacArthur), Douglas Booth (Anthony Marston), Miranda Richardson
 (Emily Brent), Anna Maxwell Martin (Ethel Rogers), Noah Taylor
 (Thomas Rogers).

 

Synopsis :

En 1939, l’Europe est au bord de la guerre. Dix personnes sont invitées sur « Soldier Island » (l’Île du Soldat), une île le long de la côte du Devon en Angleterre. Isolés du continent, leur hôte A. N. O’Nyme mystérieusement absent, ils se retrouvent tour à tour accusés d’un crime. Lorsqu’une première personne meurt subitement, les autres comprennent que le meurtrier est parmi eux.

 

Mon avis :

J’avais envie de voir cette mini-série depuis sa diffusion, déjà car j’adore le livre dont elle est adaptée mais aussi parce que le casting a de la gueule (notamment Charles Dance, Aidan Turner, Sam Neil et Toby Stephens -le parfait Mr. Rochester de « Jane Eyre » en 2006 dont je parlerai forcément un jour !-).

« And then there were none » est donc l’adaptation du génial « Dix petits nègres » d’Agatha Christie, livre et série se déroulent sur une île isolée, 8 personnes sont invitées mais seuls les deux domestiques les accueillent, les hôtes n’étant pas là, mais alors que les 10 larrons se préparent à attendre patiemment (et qu’une tempête les bloque sur l’île), un message résonne dans la maison les accusant tous d’avoir commis des meurtres avant que l’un d’entre eux ne s’écroule, visiblement assassiné…

tumblr_nyc7o7LdLD1ryfz3yo1_r1_1280

Qu’on ait lu le livre ou pas, cette série est vraiment à voir, c’est une très grande réussite et un coup de cœur pour moi, du coup ne vous attendez pas à ce que je relève beaucoup de points négatifs, vu que je ne sais même pas si je vais en trouver un seul !

Je vois difficilement comment le bouquin aurait pu être mieux adapté, excepté quelques petits changements anodins (comme le docteur Armstrong qui se prend une baffe pour se calmer plutôt que Vera Claythorne, cela ne change pas l’histoire mais je trouve que c’est plus logique vu que Vera a l’air plus stoïque que le docteur de façon générale !), la trame de la série est la même que sur papier (en même temps, pourquoi la changer ?!) et donc tout aussi captivante.
Alors oui je pourrais tout de même évoquer les quelques jurons prononcés par les personnages qui ne sont vraiment pas nécessaires ou la pseudo romance entre Lombard et Claythorne qui n’est pas présente dans le livre mais que je ne rejette pas non plus en bloc dans la série, on n’aurait pu faire sans mais je trouve que cela rajoute un peu plus de tension et ce n’est pas comme s’il n’y avait aucune alchimie entre les deux personnages donc pourquoi pas ?

Comme le livre, la série se dévore d’une traite, la durée est idéale pour construire les personnages et montrer toutes leurs facettes, et pour que l’intrigue se déroule sans longueur tout en étant pas précipitée, mais vu le matériau de base il y avait peu de risque de se retrouver face à une histoire ennuyeuse et/ou mal foutue, même en connaissant l’histoire et ses ficelles presque par cœur, j’ai été happée par la série pas seulement parce que l’intrigue est brillante mais aussi pour tout le reste (l’atmosphère générale, les personnages sur lesquels on veut en savoir plus, les acteurs impeccables…), même les passages les plus insignifiants (à priori) retiennent l’attention et moi qui voulait juste revoir quelques morceaux du premier épisode pour écrire cette chronique je me suis surprise à revoir les trois parties sans m’en rendre compte et encore une fois sans ennui ni sans être lassée.
C’est de l’excellent travail que ce soit en tant qu’adaptation ou en tant que série, qu’on sache comment l’histoire va tourner ou pas il y a tout ce qu’il faut pour avoir envie d’enchainer les épisodes (tout comme le livre pousse à tourner les pages sans s’arrêter !).

La réalisation est superbe, élégante, léchée, la série possède bon nombre de plans magnifiques mais elle est aussi « pertinente », autant pour certains détails qu’on peut remarquer si on connait le déroulement de l’intrigue que pour les prises de vue de l’île et de la maison qui accentuent l’isolement mais les rendent également hostiles et aussi inquiétantes que certains personnages qui s’y trouvent !

tumblr_o04bd2W1Ji1qkt0j3o1_r1_500

Comme on pouvait s’y attendre le casting aussi est solide entre acteurs confirmés et jolies révélations. Je ne vais pas m’étendre sur les prestations de Sam Neil, de Miranda Richardson et de Charles Dances, je pense qu’on les connait suffisamment pour se douter qu’il n’y aucune fausse note dans leurs jeux, même chose pour Toby Stephens toujours sur le fil et à deux doigts de dérailler et Burn Gorman que je connais beaucoup moins mais qui est aussi très juste, imperturbable et qui a pourtant l’air en permanence apeuré.
Le casting est complété par Noah Taylor absolument sinistre en domestique et Anna Maxwell Martin qui joue sa femme complètement terrorisée qui fait office de souffre-douleur, Aidan Turner magnétique mais glaçant (et je pense que les costumiers ont eu des problèmes avec ses fringues vu qu’on le voit torse poil plus souvent que mes ovaires ne peuvent le supporter !) et Douglas Booth qui est un acteur que j’ai toujours trouvé trop lisse et ayant du mal à porter vraiment un rôle, mais ici il s’en sort bien, peut-être que le personnage du garçon né avec une cuiller en argent dans la bouche, inconscient, égoïste et blessant associé à sa tête toute mignonne lui va mieux que les rôles plus « romantiques » !
Et je finis par mon petit coup de cœur : Maeve Dermody qui joue Vera Claythorne que je découvre avec cette série et que j’ai trouvé parfaite, tout en sobriété et en finesse et qui fait passer beaucoup de choses rien qu’avec le regard.
Bref, des acteurs et actrices bien choisis, aux jeux variés et tous au top, je n’ai pas encore vu d’autres adaptations des « Dix petits nègres » et je pense que j’aurais du mal à me défaire de l’image des acteurs de la série maintenant !

Forcément je ne peux pas en dire plus (surtout en ce qui concerne l’intrigue), je fais la comparaison entre livre et série et je donne mon avis, rien de plus et je ne vais surtout pas spoiler (d’autant qu’on m’a moi même balancé le fin mot de l’histoire avant ma première lecture, ce n’était pas agréable mais le livre est tellement bien que cela n’a même pas gâché le plaisir en fait !), tant qu’à faire autant vous en dire le moins possible pour que vous vous fassiez balader le plus possible !
Si vous avez déjà lu le bouquin lancez vous dans cette série parce que vous devriez y retrouver ce que vous avez aimez pendant votre lecture et si vous ne l’avez pas lu alors laissez vous tenter par cette adaptation qui devrait vous surprendre.

Personnellement je suis plus que séduite et j’espère que la BBC aura l’idée d’adapter « Le crime de l’orient-express » un jour, parce qu’il y aurait de quoi faire une autre excellente série !

 

Ma note : 
coupdecoeur
Chick-lit·Coup de coeur

Coup de foudre à Austenland – Shannon Hale

couv63353244



Coup de foudre à
Austenland
Shannon Hale
Edition Pocket,
2014
Traduit par Julia Taylor
261 pages


Genre : Chick-lit

 

Résumé :

Jane Hayes est une jeune New-yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC d' »Orgueil et Préjugés ». Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison ! Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines à Pembrook Park, un manoir où l’on vit dans la peau d’une héroïne de Jane Austen, les fantasmes de Jane deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser la jeune femme de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr Darcy ? La comédie romantique que toutes les fans de Jane Austen attendent !

 

Mon avis :

Même lorsque je n’étais pas fan de Jane Austen (ne me traitez pas d’hérétique, maintenant c’est le cas !) j’aimais quand même beaucoup découvrir les adaptations ou les histoires écrites par d’autres qui se déroulent dans cet univers, du coup je louchais sur ce titre depuis sa sortie…

A 32 ans, Jane a collectionné les histoires d’amour décevantes et sa patience ayant atteint ses limites elle a décidé de renoncer aux hommes, il faut dire que la jeune femme est amoureuse des romans de Jane Austen et rêve secrètement de rencontrer son Mr. Darcy, du coup les autres hommes ne lui arrivent pas à la cheville.
Quand sa grande-tante décède, cette dernière ne lui laisse pas de l’argent en héritage mais un billet pour Austenland, là où nous pouvons nous prendre pour une héroïne Austenienne, vivre comme à l’époque et peut-être même tomber sous le charme d’un gentleman…

Même si le livre est classé en chick-lit (genre que je ne peux plus vraiment sacquer) on neaffich_25831_1 tombe pas dans ses travers, l’histoire est plaisante, l’auteure utilise très bien tout l’univers Austenien sans faire des copiés-collés tout fades, et l’héroïne est loin d’être une dinde insupportable, je n’ai pas le coup de coeur facile mais je dois dire que j’ai complètement craqué pour « Coup de foudre à Austenland » et n’ai pas résisté à l’envie de le relire à peine quelques mois après ma découverte !
Comme dans les histoires de Jane Austen les personnages passent leur temps entre discussions, promenades et bals, ou du moins essaient car Jane a du mal à vraiment se plonger dans cette époque, à s’intéresser à des personnes qui jouent toutes un rôle et surtout à supporter cette saleté de corset ! Du coup comme il faut bien s’occuper en attendant que le charme opère elle transgresse les règles et les conventions de l’endroit et vit un peu une double vie à Austenland, autant dire qu’elle n’a pas intérêt à se faire attraper par son chaperon !
Et tout cela donne un bon mélange entre vraie Austenerie et une histoire plus contemporaine où il y a pas mal de surprises pour bien secouer l’ensemble.

L’histoire est agréable à suivre mais les personnages ne sont pas en reste, Jane est une héroïne Austenienne telle qu’on l’imagine, ayant de l’esprit, de la répartie, pétillante et attachante, un peu maladroite par moments mais sans jamais tombée dans le pathétique, et j’ai vraiment beaucoup aimé son caractère et ses réflexions (même si je ne comprend pas sa manie de planquer son dvd d’Orgueil et préjugés !), Mr Nobley quant à lui est un pur Mr Darcy, assez hautain, parfois sec il se révèle pourtant surprenant et charmant, peut-être pas autant que le vrai Darcy mais quand même bien craquant ce Nobley ! Tous les autres personnages sont certainement inspirés des figures Austenienne mais j’avoue que n’ayant pas lu tous ses livres je suis sans doute passée à côté sans que cela m’ait empêché de les apprécier, et de bien rire avec Miss Charming qui ne sait pas quoi inventer pour se faire remarquer !

Côté style il n’y a pas grand chose à noter, c’est frais, c’est fluide et entre chaque chapitre à Austenland, on revient sur les romances connues par Jane et on comprend vite pourquoi la demoiselle est aujourd’hui aussi blasée vu la belle brochette de nazes qu’elle a fréquentée !

Bref, je ne suis pas sure que quelqu’un n’ayant jamais lu les écrits de Jane Austen accroche vraiment à ce titre, mais pour ceux qui connaissent un minimum son univers il y a de quoi passer un bon moment et j’ai déjà hâte de lire les titres d’Austen que je ne connais pas encore pour pouvoir relire « Coup de foudre à Austenland » et saisir toutes les références,  et en attendant j’espère que l’adaptation serait aussi amusante que le texte !

 

Ma note : 
coupdecoeur
Coup de coeur·Fantasy·Jeunesse

Carabosse, la légende des cinq royaumes – Michel Honaker

Carabosse : la légende des 
cinq royaumes
Michel Honaker
Édition Flammarion, 2014
  372 pages

Genre(s) : Jeunesse
 

Résumé :  .
La belle Cara est maudite : elle est bossue. Par dépit amoureux, elle tombe du côté obscur de la magie et devient la Fée du Vent Mauvais. Elle n’aura de cesse de se venger de sa sœur, en maudissant son héritière, la belle Aurore, la princesse du Bois Dormant. Après 99 ans, Lilas, dernière fée survivante à avoir échappé à l’horrible régence de Carabosse, part chercher le prince charmant destiné à sauver Aurore, endormie le jour de ses 18 ans…
Mon avis :   .

Carabosse, aussi appelée Maléfique, est un personnage que j’adore, je l’ai découverte comme un peu tout le monde dans le Disney « La belle au bois dormant »; que j’ai revu un nombre incalculable de fois juste pour elle, gamine j’avais même poussé le vice jusqu’à me fabriquer le même sceptre qu’elle pour jouer son rôle (ne vous moquez pas, je vous entend d’ici !); et j’ai pu par la suite la retrouvée dans le film portant son nom avec Angelina Jolie dans le rôle titre (film que j’ai adoré en passant !).
Alors forcément un livre sur elle ne pouvait qu’être fait pour moi !

Cara est une princesse instruite, intelligente, ayant une grande connaissance des plantes et de leurs effets et dotée d’un physique agréable si ce n’est la présence d’une bosse dans son dos.
Elle vit aux côtés de son père et de sa sœur, Eleanore, avec qui elle n’a que très peu d’atomes crochus.
Alors qu’une bataille vient de prendre fin dans les environs, le roi Florestan fait une halte dans le domaine familial de Cara. Cette dernière tombe rapidement sous le charme du roi et tente de le séduire, en vain, car ce dernier n’a d’yeux pour Eleanore.
C’est le cœur brisé que Cara apprend quelques temps plus tard leurs fiançailles. Tout le ressentiment et la haine qu’à pu nourrir Cara envers sa sœur ressurgissent, elle cherche à acquérir de puissants pouvoirs pour se venger d’Eleanore et lui reprendre ce qui est sensé être à elle..

Ce livre est en deux parties, dans la première nous suivons les événements qui ont fait que Cara la princesse pas foncièrement mauvaise est devenue Carabosse la sorcière malfaisante prête à tout pour détruire sa sœur, obtenir le pouvoir et être avec le roi.
Et dans la seconde partie, l’auteur revisite l’histoire d’Aurore, la belle au bois dormant; à sa naissance Carabosse lui a jeté un sort qui la destine à son 18ème anniversaire à tomber dans un sommeil éternel qui ne pourra être rompu que par le baiser d’un prince amoureux d’elle.
Évidemment cette malédiction ne pourra survenir que si la princesse se pique le doigt sur un fuseau (chose qui bien sur arrivera, à force on le sait qu’Aurore n’est pas très fute-fute !).

Je n’ai pas encore eu le temps de découvrir beaucoup de réécriture de contes malgré mon envie mais je pense que mes prochaines découvertes du genre vont avoir du mal à m’emballer plus que « Carabosse, la légende des cinq royaumes », car s’il y a un bémol dont je parlerai après j’ai tout de même adoré cette lecture, Michel Honaker nous propose une histoire prenante même pendant la deuxième partie que nous connaissons déjà un peu, l’intrigue ne s’essouffle pas, l’auteur réussit à réinventer l’histoire tout en restant fidèle à celle de base, il donne des racines à son histoire et il rend l’univers plus complexe, ce n’est plus un simple conte de fées mais une véritable aventure fantastique avec toute la magie, les créatures, les batailles et les embûches qu’on peut attendre.
L’histoire gagne aussi en relief grâce aux deux points de vue, nous suivons Carabosse et Aurore, on se retrouve donc dans les deux camps celui du « bien » et du « mal » et du coup nous avons aussi une vue plus large sur tout l’univers du livre et sur tous les désastres causés par Carabosse car elle n’a pas chaumé !
Je ne parle que des deux principales héroïnes mais il y a pas mal d’autres personnages qui participent activement à l’aventure, et tout cela donne beaucoup de dynamisme au récit et encore une fois cela aide au développement de l’intrigue, les pages défilent vite pendant la lecture parce que tout ce petit monde en voit de toutes les couleurs chacun de leur côté ou ensemble et j’ai beau cherché je ne me rappelle pas d’un seul moment où je me suis ennuyée.

S’il y a quelque chose qui m’a un peu déçue dans ce livre ce sont les personnages, plus particulièrement celui de Carabosse, j’ai aimé suivre son évolution, savoir pourquoi elle était devenue aussi mauvaise, le fait que sa « difformité » ait joué un rôle important me semble crédible, car si on reconnaît que Cara est plutôt jolie, on ajoute que sa bosse lui enlève une partie de son charme et je comprend très bien que ce genre de réflexion lui court légèrement sur le haricot et que cela finisse par la faire un peu dérailler, quant à la « trahison » de sa soeur, si on oublie le fait que les sentiments de Cara à l’égard de Florestan ne sont pas assez développés, trop rapides et que j’aurais préféré qu’on s’y attarde plus pour y croire davantage; je la trouve plutôt bien trouvé comme élément déclencheur à la colère de Cara.
Mais si tout cela est plus ou moins réussi je regrette que les émotions de Cara ne soient pas plus mises en avant. C’est avant tout pour être dans sa tête que je voulais lire ce titre et c’est frustrant d’être finalement assez éloignée de ses pensées, en dehors de quelques sentiments d’amour qu’elle éprouve et montre à certains passages j’ai un peu eu l’impression d’avoir affaire à un personnage un brin manichéen, assoiffé de vengeance et présent uniquement pour tout massacrer sur son chemin, plutôt qu’un à un personnage profondément blessé et en colère mais se demandant si tout cela est utile alors que rien ne lui amènera ce qu’elle veut, elle reste touchante pour tout ce qu’elle peut refouler et j’apprécie vraiment que l’auteur ait essayé de la rendre plus humaine, mais à mon goût ce n’est pas encore assez creusé… Si je n’étais pas amoureuse de Carabosse je serai peut-être satisfaite mais là j’en voulais plus !

La plume quant à elle est vraiment de qualité, elle est assez riche et c’est vraiment agréable d’avoir un style un peu plus élaboré tout en restant fluide, les descriptions sont réussies et on plonge directement dans cette atmosphère à la fois sombre et féerique.

Bref, la psychologie du personnage principal est vraiment la seule petite ombre au tableau et c’est cela qui m’a presque fait passer à côté du coup de cœur avec ce titre mais je suis tellement séduite par le reste et je suis tellement heureuse de pouvoir suivre Carabosse que j’adore ici aussi malgré son traitement pas forcément parfait que je pardonne volontiers ce défaut et je relirai ce titre dans quelques années, et je compte bien découvrir d’autres titres de l’auteur.

  Ma note : coupdecoeur
Conte·Coup de coeur

Les Amants Papillons – Benjamin Lacombe

Les amants papillons
Benjamin Lacombe 
Édition Seuil, 
2015
40 pages

Genre(s): Album, Conte
.

 .

 .
Résumé :.
Le jour de ses quatorze ans, Naoko, une jeune Japonaise, apprend qu’elle doit quitter son village natal pour l’immense ville de Kyoto. Son père a prévu qu’elle y complète son éducation pour devenir une ‘jeune fille convenable’. Mais l’art de servir le thé, de jouer du luth ou de faire danser les éventails n’intéressent pas Naoko. Naoko aime lire et écrire de poèmes. Avec l’aide de sa servante Suzuki, elle se déguise en homme et parvient à entrer à l’université…
Mon avis :.

Bien que ce soit le premier titre de Benjamin Lacombe que je lis, je connais déjà son travail et j’aime énormément ses illustrations, j’avais donc envie de savoir si ses textes étaient à la hauteur, et si je ne peux pas encore juger pour les autres en ce qui concerne « Les amants papillons » le récit n’a rien à envier aux magnifiques dessins.

Suite à la décision de son père qui pense qu’il est grand temps qu’elle devienne une vraie dame et qu’elle apprenne les bonnes manières, Naoko est forcée de quitter son village pour aller à Kyoto, mais la jeune fille ne veut pas de cette éducation qui consiste à apprendre l’art du thé, le luth, et surtout à ne pas exprimer ses émotions comme elle les ressent, alors elle vole un kimono à son père et avec l’aide de sa servante se fait passer pour un homme à son arrivée en ville…

« Les amants papillons » reprend une ancienne légende chinoise que je ne connaissais pas du tout et qui est vraiment superbe, très poétique (en particulier lors de son dénouement) et touchante, que ce soit pour la jolie romance que va vivre Naoko ou pour le personnage en lui même qui a soif de liberté et d’apprendre, et qui est freinée dans ses envies de manière totalement injuste juste parce qu’elle est une fille et qui par conséquent doit trouver des ruses pour ne pas se laisser enfermer dans le rôle de potiche qu’on voudrait bien lui donner et qu’elle puisse être épanouie et faire ce qu’elle aime.

Ce n’est pas le message le plus original qui soit mais c’est toujours efficace, c’est toujours bon de le rappeler après tout vu que cet album peut être lu par les plus jeunes, et à mes yeux c’est le genre d’histoires que je trouve inspirantes et pour lesquelles je me prend vite d’affection et où j’espère que le personnage atteindra son but, quand le personnage en question arrive à attirer ma sympathie en tout cas, et c’est le cas pour Naoko qui voit tous ses espoirs foutus quand son père se donne le droit de choisir le chemin qu’elle doit prendre mais qui ne se laisse pas abattre pour autant et fait tout ce qu’il faut pour mener la vie dont elle rêve…

Les dessins sont tout aussi beaux que l’histoire, les traits sont délicats, les couleurs sont douces parfois sombres parfois lumineuses et l’ensemble restitue parfaitement l’atmosphère raffiné du cadre, la mélancolie de l’histoire et les sentiments ressentis par les personnages, ils ne plairont sans doute pas à tout le monde le style de Benjamin Lacombe pouvant être un peu particulier (même si ce ne sont pas ses illustrations les plus « farfelues » de mon point de vue, l’ensemble est tout de même soft !) mais personnellement je suis sous le charme et je n’en ai pas eu assez !

Parce que s’il y a bien quelque chose de frustrant avec ce livre c’est qu’il est beaucoup trop court, j’aurais adoré rester un peu plus longtemps avec Naoko, et avoir encore plus de dessins à savourer, à par cela c’est une perle, une magnifique découverte pour ceux qui sont déjà familiers du travail de l’auteur / l’illustrateur et un bon choix je pense pour ceux qui ne savent pas quel titre de Benjamin Lacombe lire en premier !

.
Ma note : coupdecoeur
 
Bande-dessinée·Coup de coeur·Drame

Violette Nozière, vilaine chérie – Eddy Simon / Camille Benyamina

Violette Nozière,
 Vilaine chérie
Eddy Simon /
 Camille Benyamina 
Édition Casterman,
 2014
96 pages

Genre(s) : Bande-dessinée,
 Drame
.
Résumé :.

L’un des plus célèbres faits divers des années 30 revisité en bande dessinée. Un portrait saisissant et la découverte du talent graphique de Camille Benyamina.

Octobre 1934. Assise sur un banc, noyée dans un immense couloir du Palais de justice de Paris, Violette Nozière, 19 ans, toute de noir vêtue, a les yeux perdus dans le vide. Elle attend que son procès reprenne et songe à ce qui l’a conduit ici. Celle que l’on surnomme alors « l’empoisonneuse de la rue de Madagascar » ou la « parricide monstrueuse » laisse ses pensées remonter le temps…

Mon avis :.

Si je n’étais pas retournée en médiathèque faire une nouvelle razzia de bandes dessinées, je ne serai sans doute jamais tombée sur celle ci, je ne connais pas l’auteur ni l’illustratrice et le fait divers dont elle est inspirée m’est totalement inconnu… Et je dois dire que passer à côté de cette BD aurait été dommage car c’est une petite perle !

Violette n’a que 19 ans et a déjà un lourd passif; vol, mensonges, prostitution; sa vie l’ennuie, ses parents l’agacent, ses différents amants la frustrent, elle rêve de fêtes, d’argent, de luxe et manipuler son monde ne lui fait pas peur. Quand elle tombe sous le charme d’un jeune homme, elle pense que ses rêves sont à portée de main, mais il leur faut de l’argent, et quoi de mieux que l’héritage que les parents de Violette comptent lui laisser ? Encore faut-il qu’ils meurent et Violette n’a pas l’intention d’attendre que la vieillesse s’en charge…

Comme je le disais je n’avais jamais entendu parler de cette histoire auparavant je ne sais donc pas à si elle est bien retranscrite et si la personnalité de Violette est fidèle à la réalité mais j’ai vite oublié cette zone de flou pour la simple et bonne raison que j’ai accroché à l’intrigue dès les premières vignettes car l’histoire est à la fois fascinante et glaçante.
Malgré la monstruosité du personnage, le traitement de Violette n’est pas manichéen, elle est aussi montrée fragile et aimante (reste à savoir si c’est sincère ou si c’est encore une fois de la manipulation…), à mon sens l’auteur n’a pas de parti pris et cherche vraiment à restituer la manière de penser et d’agir de la jeune fille sans chercher à en rajouter mais sans essayer de la rendre attendrissante non plus.
Ce que Violette peut commettre est atroce, on se demande vraiment comment elle peut essayer de tuer ses parents (deux fois !) aussi froidement, pourtant j’avais hâte de voir comment et si elle allait parvenir à ses fins (je dois être un peu psychopathe !), qu’est-ce qui fait qu’elle en arrive là et ce qui pourrait la faire finalement plonger…
C’est vraiment très bien narré, cela ne s’essouffle à aucun moment, c’est percutant mais il y a aussi des moments plus insouciants pour que le récit ne devienne pas lourd, le seul petit reproche que je pourrais faire concerne l’accusation de viol de Violette à l’encontre de son père qui avait apparemment semé le doute à l’époque, j’aurais aimé quelques planches de plus à ce sujet pour se rendre vraiment compte de l’impact que cela a eu, mais à par ce petit bémol j’ai adoré l’ambiance des années 30 et l’histoire est passionnante.
Petit bonus, quelques pages à la fin de la BD sont consacrées à ce qu’est devenue Violette Nozière après le procès, c’est assez bref mais c’est bienvenu, cela m’aurait sûrement frustrée de ne pas avoir cette petite partie et d’être obligée d’aller voir ailleurs pour connaître la suite.
Les dessins quant à eux sont sublimes et servent en plus parfaitement l’histoire, c’est rare qu’un coup de crayon dans une bande-dessinée me tape autant dans l’oeil mais le travail sur les couleurs, sur les expressions des personnages, sur l’atmosphère, est tellement bien réalisé que cela a joué en grande partie sur mon coup de coeur, des dessins de moindre qualité n’auraient pas non plus gâché le plaisir de la lecture mais le talent de Camille Benyamina fait que l’histoire, qui est déjà captivante à la base, devient encore plus prenante. C’est un coup de crayon vraiment très doux, qui tranche complètement avec le fond mais qui parvient aussi à renforcer la noirceur de l’histoire dans les moments clé.

Bref, je suis conquise autant par les magnifiques dessins que par l’intrigue captivante, je surveillerai les futures publications de l’auteur et de l’illustratrice et j’achèterai mon propre exemplaire de la BD pour avoir cette pépite dans ma bibliothèque !

Ma note : coupdecoeur
 
Bande-dessinée·Coup de coeur·Humoristique

Mortelle Adèle, Tomes 5 à 7 – Tan / Miss Prickly

Mortelle Adèle, tomes 5, 6 et 7
  Tan / Miss Prickly
 Édition Globulle, 2013 / 2014
95 pages

Genre(s) : Bande-dessinée, Humoristique
Série : Mortelle Adèle

1. Tout ça finira mal
2. L’enfer c’est les autres
3. C’est pas ma faute !
4. J’aime pas l’amour
5. Poussez vous, les moches
6. Un talent monstre
7. Pas de pitié pour les nazebroques ! 

Résumés :
« Je ne sais pas vous, mais moi, j’en ai marre de me laisser faire ! Cette fois, Jade et ses copines ont de quoi avoir peur : j’ai réuni tous les enfants laissés pour compte de l’école pour former le Club des bizarres, et on est bien décidés à leur mener la vie dure ! C’est l’heure de la revanche des bizarres!!! »
 ~
J’ai enfin réussi une de mes expériences ! J’ai créé un zombie ! Mais difficile de le faire passer inaperçu à la maison ou à l’école tellement il sent mauvais et ne pense qu’à manger tout ce qui bouge… Je l’ai appelé Owen, et tout le monde croit que c’est mon correspondant en Transylvanie… Chut !
  ~
Au secours ! Mes parents m’ont envoyée dans l’endroit le plus horrible de la planète !
Pas de télévision, pas de jeux vidéo, pas d’Ajax à torturer…
juste des arbres, des arbres et encore des arbres !
Mais faites-moi confiance, la colonie des Ragondins Joyeux va se souvenir longtemps de mon passage ici !
Mon avis :
Cinquième, sixième et septième tomes des aventures de la seule enfant du monde que j’adore, Adèle la sadique, et c’est encore une fois un pur bonheur, des fous rires à n’en plus finir et trois nouveaux coups de cœur !

Après avoir essayé de dézinguer Ajax, son chat, en l’enterrant vivant, en l’empoissonnant avec du lait périmé, en l’envoyant dans un mur sur une fusée, ou jouer avec lui à « attrape la ba-balle » en remplaçant la balle par une lampe de chevet, puis après s’être acharnée contre son pitit n’amoureux Geoffroy à coups d’électrocution et autres joyeusetés du même cru, elle prend cette fois pour cible Jade et les autres poupées barbie de l’école, et pour bien les faire baver elle s’entoure des autres laissés pour compte, c’est donc parti pour la guerre losers vs pimbêches, tout en continuant bien sur d’essayer de zigouiller le chat et Geoffroy, on peut dire qu’Adèle est un bourreau de travail !

 
Dans le tome 6, Adèle ne trouve rien de mieux à faire que de se mettre aux fourneaux pour… fabriquer un zombie ! Elle y parvient, mais si Owen le zombie remplit bien sa mission en essayant de boulotter les filles de l’école et les parents d’Adèle, il n’est par contre pas au point quand il s’agit de becter cette saleté d’Ajax, pas de bol !

Et enfin dans le tome 7, les parents d’Adèle ont eu l’idée stupide de l’envoyer en camp de vacances bien hippie où on fait des couronnes de fleurs et où on fait des papouilles aux castors, mais lâcher un monstre comme Adèle dans la nature n’est pas des plus intelligents car au final cela donne des cabanes qui flambent, des gamins traumatisés et des animaux sauvages terrorisés !

 
Ayant déjà chroniqué les quatre premiers tomes, je ne vois pas trop quoi ajouter de plus, si au moins j’avais quelque chose à critiquer ce serait facile, mais non, tout me plaît dans cette série !
Le personnage d’Adèle devient de plus en plus fendard au fil des tomes, et de plus en plus machiavélique, et je suis sure que si vous laissez Adèle cinq minutes en tête à tête avec le Kraken elle serait capable de faire pleurer la bestiole vu qu’elle ne manque jamais de ressources !

Les histoires ne sont jamais répétitives, les dessins sont toujours aussi excellents et Adèle n’est pas la seule à me faire rire, son ami imaginaire Magnus ou encore ses parents sont aussi bien en forme !
Bref si je ne devais plus lire qu’une seule série de bandes-dessinées jusqu’à la fin de ma vie, sans hésitation je choisirai celle-ci car je ne me lasse pas des aventures d’Adèle, je n’en ai jamais assez à vrai dire, et cela va être long d’attendre jusqu’à ma lecture du tome suivant !

 
 
 
Ma note : coupdecoeur   
Contemporain·Coup de coeur·Humoristique

Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steak haché – David Safier

Le fabuleux destin d'une
vache qui ne voulait pas
 finir en steak haché
David Safier 
Édition Presses de la cité, 2014
Traduit par Catherine Barret
370 pages

Genre(s) : Contemporain, 
Humoristique

Merci à
et aux éditions 
http://www.pressesdelacite.com/site/page_accueil_site_editions_presses_de_la_cite_&1.html
Résumé :  .

Mis à part l’infidélité de son taureau, le bien nommé Champion, Lolle, une vache laitière, mène une vie tranquille dans un pré du nord de l’Allemagne.

Jusqu’au jour où elle apprend de la gueule de Giacomo, un chat errant qu’elle a sauvé de la noyade, que le fermier a décidé de vendre le troupeau de bovins pour régler ses dettes.

Afin d’éviter de finir entre deux tranches de pain de hamburger, Lolle, maligne comme un singe, décide de s’enfuir avec ses congénères pour rejoindre le pays où les vaches sont sacrées, l’Inde !

Mais la route est longue et semée de dangers, à commencer par Old Dog, le chien sanguinaire du fermier.

Débute alors pour Lolle et ses amis un périlleux voyage qui les conduit de l’autre côté de l’Atlantique, de New York à l’Ouest américain, territoire des bisons, jusqu’aux contreforts de l’Himalaya…

 

Mon avis :   .

Excepté « Jesus m’aime » qui avait été un peu décevant, sans non plus être vraiment médiocre, j’ai adoré les autres livres de David Safier et quand Babelio a proposé ce nouveau titre en partenariat j’ai sauté sur l’occasion. Verdict : encore un excellent moment de lecture avec une bande de bestioles toutes mignonnes (oui je suis niaise, et j’assume !) !

Le livre commence comme un roman de chick-lit, Lolle découvre son amoureux en train de la tromper avec une autre femelle qu’elle déteste, rien d’original sauf que Lolle est en fait une vache et qu’en plus d’être tombée amoureuse d’un crétin elle va apprendre que le fermier auquel elle appartient va vendre tout son troupeau et qu’elle et ses copines risquent de finir en pièces détachées au rayon frais.
La seule solution est de fuir, et de préférence dans un pays où les vaches sont sacrées, mais entre l’Allemagne et l’Inde il y a du chemin à parcourir !

Les personnages sont savoureux, entre Lolle qui n’a rien demandé à personne et se retrouve en leader d’une troupe comptant quelques bras cassés, Hilde la vache un peu cynique et blasée, P’tit Radis la petite naïve qui ne loupe pas une occasion de poser des questions existentielles dans les pires moments ou de nous faire part des recette de grand-mère de sa tatie givrée, Susi la garce qui a piqué son fiancé à Lolle mais qui a un humour bien mordant, Champion le mâle bien boulet et Giacomo le chat italien qui est la première victime des remèdes de la tata cinglé de P’tit Radis, on peut dire qu’on ne s’ennuie pas, chacun d’entre eux apportent quelque chose, ils sont tous drôles dans leur genre et attachants (même Champion qui est pourtant un abruti de première !), avec une petite préférence pour Hilde qui me ressemble (enfin niveau caractère hein !) et P’tit Radis, qui donne l’impression d’être une petite fille curieuse et espiègle toute chou.

Pour un peu, on croirait être face à une bande d’humains ! L’auteur n’a d’ailleurs pas fait les choses à moitié de ce côté là, et à poussé la ressemblance jusque-là créer une « religion bovine », les vaches ont leur propre déesse créatrice, on découvre quelques morceaux de son histoire; pourquoi elle a crée telle ou telle chose, ou encore le taureau qui partage sa vie; un genre de Adam et Eve à la sauce vachette en gros ! Même si cela n’apporte rien de plus à l’intrigue, je trouve cela assez sympa et au moins David Safier ne s’est pas contenté de faire une bande de bêtes simplettes dont la seule préoccupation est de grignoter de l’herbe, mais a essayé de creuser leur monde et c’est plutôt réussi !

L’histoire ne manque ni de fantaisie ni d’humour, les personnages passent leur temps à tomber dans des situations absurdes, et à par un ventre mou au milieu du livre où j’ai ressenti un peu de lassitude, je me suis amusée du début à la fin.
La bande de héros bovins doit non seulement partir en Inde pour sauver sa peau, mais aussi échapper à un chien sanguinaire qui veut les dépiauter et en plus faire le voyage sans tomber sur des humains qui pourraient être pris d’une envie de hamburgers en les voyant, d’ailleurs ce dernier point permet aux vaches de faire des réflexions peu flatteuses (mais bien méritées d’après moi) sur les êtres humains !
Un livre très drôle donc, mais avec du fond, même si les réflexions n’ont rien de révolutionnaire, elles peuvent tout de même donner à réfléchir.

En conclusion, une lecture très amusante malgré quelques longueurs au milieu du livre et une fin peut-être un petit peu trop guimauve (mais c’est récurent chez David Safier !), très originale et attendrissante, merci donc à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette découverte !

Ma note : coupdecoeur
Contemporain·Coup de coeur·Jeunesse

35 kilos d’espoir – Anna Gavalda


35 kilos d'espoir
Anna Gavalda
Édition Bayard (Poche),
2012
111 pages 

Genre(s) : Jeunesse,
 Contemporain

 .

Résumé :.

Grégoire déteste l’école, si fort qu’en sixième il a déjà redoublé deux fois. Le seul endroit qu’il aime, son refuge, c’est le cabanon de son grand-père Léon, avec qui il passe des heures à bricoler.

Quand Grégoire est renvoyé du collège, pourtant, Léon est furieux. II renonce à consoler son petit-fils et lui refuse sa protection. II est temps, peut-être, que Grégoire accepte de grandir…

Mon avis :
Avant ce livre j’avais déjà lu quatre titres d’Anna Gavalda; « Ensemble, c’est tout », « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », « L’échappée belle » et « Je l’aimais; et à par le dernier qui ne m’a pas emballée, les autres avaient été des coups de cœur, et je dois dire que « 35 kilos d’espoir » en est un aussi, je sais que l’auteure n’est pas appréciée par tous mais moi je ne sais pas pourquoi elle arrive presque toujours à me touchée.

Ce qui m’a touchée dans « 35 kilos d’espoir » n’est pas bien dur à trouver, c’est parce que je me suis reconnue en Grégoire quand j’avais à peu près le même âge, il déteste l’école, il a un problème de concentration et du coup il rame, moi je n’avais pas de soucis de concentration mais je détestais l’école pour d’autres raisons et je galérai tout comme lui, habituellement je déteste me replonger dans ces souvenirs là mais ici j’ai laissé ma rancœur de côté et je n’ai pas pu faire autrement que de me prendre d’affection pour Grégoire, d’espérer que ce pauvre gamin allait finir par s’en sortir, et d’avoir une petite larme au coin de l’œil, pourtant l’histoire n’est pas rédigée de façon pathos, ou niaise, c’est au contraire très tendre, touchant et surtout juste.
C’est typiquement le genre de livre que j’aurais pu détester s’il avait été mal écrit, si le personnage avait été tête à claques ou si le sujet traité avait sombré dans la guimauve la plus totale mais dans « 35 kilos d’espoir » c’est tout l’inverse, c’est fait de façon simple, cela m’a parlé car c’est « vrai » mais avec une note d’optimisme en plus qui fait que je suis sortie de ma lecture émue mais avec le sourire.
Bref une superbe lecture; une vraie petite perle !

 
Ma note : coupdecoeur
Coup de coeur·Epouvante / Horreur

Shining – Stephen King

Shining
Stephen King
Édition Le livre de poche, 
2007
Traduit par ?
570 pages 

Genre(s) : Horreur
Résumé :

Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté… L’hiver, l’hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien. Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance : c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny. Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus. Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée ? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel ?

Mon avis :.

C’est la seconde fois que je lis « Shining », la première fois c’était il y a 5 ou 6 ans, c’était mon premier Stephen King, mon premier roman classé horreur il me semble et j’avais adoré, j’avoue même que cela m’avait fait suffisamment d’effet pour que je commence à avoir peur d’aller dans ma salle de bain et d’y croiser la morte de la chambre 217 !
Depuis quelques temps j’avais envie de retourner à l’Overlook et vu que la suite (appelée « Docteur Sleep ») vient de sortir, c’était l’occasion de m’y remettre. De plus j’ai également vu le film (de Stanley Kubrick) il y a quelques semaines qui s’il n’est pas mal ne vaut vraiment pas le livre !
Encore une fois, je ressors de ma lecture complètement conquise même si je n’ai plus aussi peur de ma salle de bain (bin oui je laisse le rideau de douche ouvert maintenant, pour éviter les mauvaises surprises, on sait jamais !) et je suis sure que je retournerai volontiers passer une petit séjour à l’Overlook dans quelques années !

J’adore l’atmosphère oppressante, j’adore la tension qui monte au fur et à mesure, j’adore les descriptions qui nous donnent l’impression d’être vraiment dans l’hôtel et d’être en danger, le seul petit défaut concerne les chapitres suivant Dick Hallorann dans les dernières pages du récit qui cassent un peu le rythme mais sinon le reste est magistral.

Avant d’arriver à l’Overlook, nous suivons d’abord les Torrance; Jack, sa femme Wendy et leur fils Danny forment une famille déjà fragilisée depuis que le père est alcoolique et a cassé le bras de Danny, il a maintenant arrêté de boire mais continue d’avoir de temps à autre des pensées violentes et cela ne s’arrange pas lorsque tous les trois doivent passer plusieurs mois isolés dans un hôtel où se déroule des phénomènes étranges et inquiétants et qui en outre a été le lieu de plusieurs massacres…
Stephen King prend son temps pour installer l’intrigue, et creuser la personnalité des protagonistes, le lecteur se retrouve directement plongé dans l’ambiance pesante, les pensées de Jack nous font penser qu’il est susceptible de dérailler à tout moment et l’atmosphère est renforcé grâce au don de Danny; il est capable de voir des morceaux du passé et de l’avenir, de comprendre les pensées des gens…, et il voit notamment la relation de ses parents qui se dégrade, la folie qui guette son père; et comme si cela ne suffisait pas, ce pauvre gosse a en plus des hallucinations assez terrifiantes et parfois sanglantes.

Pour faire simple c’est vraiment une descente en enfer pour les personnages comme pour le lecteur ! Il n’y a pas grand chose qui soit gore dans cette histoire, mais la peur vient des bruits, des choses qui ont l’air de se déplacer quand les personnages ont le dos tourné, de l’hôtel qui semble prendre vie… Au final je suis bien plus sensible à ce genre d’ambiance qu’à une histoire où le sang et les boyaux giclent dans tous les sens; ce qui ne me déplaît pas pour autant, esprit sadique oblige; mais qui ne m’empêche pas de dormir la nuit, alors que Shining au contraire me donne envie de garder un oeil ouvert, pourtant je finis par connaître l’histoire mais c’est aussi percutant que lorsque je l’ai découverte !

L’histoire est excellente et bien construite mais les personnages sont aussi très bien travaillés et Jack notamment est assez complexe, oui il est alcoolique, pas très délicat et devient fou au contact de l’hôtel (et pas avant d’y aller, n’est-ce pas monsieur Kubrick ?!) mais des fois il a réussi à me faire de la peine et à me donner le sentiment qu’il n’est peut-être pas foncièrement mauvais, ce n’est pas un personnage simple à cerner et c’est cela qui le rend très intéressant à suivre.

Wendy en comparaison parait un peu fade, et même si ce n’est pas une grosse cruche insupportable, au contraire elle a plutôt de la jugeote, mais par moment elle est assez irritante et à la place de Jack j’aurais sûrement aussi des envies meurtrières à son égard ! Quand au petit Danny, malgré son jeune âge il est assez dégourdi, et ne fait pas tête à claque (et ne passe pas son temps à parler à son doigt comme un crétin, hein monsieur Kubrick ?!), quand des gamins apparaissent dans des livres j’ai souvent envie de commettre un infanticide mais là ce n’est pas le cas du tout, ouf !

Bref, un « must-read » donc qui n’a pas pris une ride, qui fait toujours sont effet et que j’ai hâte de relire (oui oui déjà !) mais d’abord : la suiiite, et le plus vite possible j’espère !

Ma note : coupdecoeur