Drame·Romance

Carol – Patricia Highsmith

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Carol
Patricia Highsmith
Edition Le livre de poche, 
1990
Traduit par Emmanuelle de
Lesseps
315 pages


Genres : Drame, Romance

 

 

Résumé :

À New York, Thérèse, une jeune décoratrice de théâtre qui ne trouve pas de travail, accepte un emploi à Frankenberg, un magasin de vêtements. Une autre employée, Mme Robichek, tente de la séduire, mais Thérèse sombre dans une sorte de torpeur.

Le compagnon de Thérèse, Richard, lui fait rencontre Phil, qui peut l’aider à trouver un emploi dans le théâtre. Cependant, lors de son travail au magasin, apparaît une grande femme blonde en manteau de fourrure. La cliente lui achète une poupée pour sa fille. Thérèse ne peut l’oublier et lui envoie une carte avec son numéro de service. La cliente téléphone au magasin pour la remercier et lui propose de prendre un verre ensemble pour le lendemain.

Thérèse fait ainsi la connaissance de Carol, une femme mariée en instance de divorce. Elles découvrent leurs sentiments réciproques, mais Carol craint que son mari ne se serve de leur relation pour lui retirer la garde de leur enfant.

 

Mon avis : 

J’ai découvert ce livre après avoir vu la bande-annonce de l’adaptation, je comptais aller la voir mais je l’ai loupée et vu que j’avais le temps je me suis attardée sur le texte, qui m’a finalement largement déçue et dont je ne sais pas trop quoi dire, donc ma chronique sera surement assez courte…

affich_33005_1Pendant une journée de travail banale et ennuyeuse Thérèse rencontre Carol qui va la fasciner et la séduire bien vite, les deux femmes se rapprochent de plus en plus et vont entamer une relation amoureuse qui va être contrariée, notamment par le mari de Carol qui ne va pas hésiter à la faire chanter pour l’empêcher de partir.

Avant de commencer ma lecture, je m’attendais à une histoire d’amour compliquée (car « interdite ») mais passionnelle et touchante, et cela a finalement été difficile d’être émue par quoi que ce soit tant j’ai trouvé l’atmosphère du livre austère, triste et pesante.
Si encore l’ambiance du livre était froide mais que les scènes entre Thérèse et Carol étaient plus chaleureuses, comme un cocon, cela m’aurait plus emballée en plus d’être cohérent avec ce que Thérèse éprouve mais je ne l’ai pas ressenti de cette façon, ces scènes sont aussi fades et plates que le reste du bouquin, je n’ai senti aucune électricité entre les deux femmes et leur amour naissant ne m’a fait ni chaud ni froid ensuite.
Du coup vu que le livre se concentre avant tout sur leur histoire je me suis ennuyée ferme et ce n’est pas le chantage du mari de Carol qui apporte du piment, au contraire je trouve que cela plombe encore plus l’intrigue parce que cela ne m’a vraiment pas intéressée, c’est non seulement longuet mais en plus comme je n’étais pas attachée à la romance je me fichais vraiment de savoir si Carol et Thérèse pourraient rester ensemble ou pas…

L’histoire d’amour ne m’a rien inspirée mais les deux héroïnes individuellement non plus d’ailleurs, je ne me suis pas prise d’affection pour elles, Thérèse parce que je l’ai trouvé trop passive et Carol parce qu’elle est vue de façon si parfaite par Thérèse qu’elle m’a semblé trop lointaine pour que je m’attache à elle.

En fait je me demande si la plume n’a pas influencé mon avis sur tout le bouquin, si je n’avais pas trouvé l’atmosphère aussi tristoune j’aurais peut-être été plus ouverte au reste ou au moins je n’aurais pas trouvé le temps aussi long, mais rien n’est sur…

Bref, je ne suis vraiment pas emballée par cette découverte, le livre avait du potentiel mais je n’ai vraiment pas adhéré au style et aux personnages et l’histoire m’a assommée, ne reste plus qu’à voir le film qui j’espère sera moins terne et plus touchant.

Ma note1
Drame

Jours d’orage – Kathrine Kressmann Taylor

Jours d'orage
Kathrine Kressman Taylor
Édition Flammarion, 2008
Traduit par Samuel Sfez
  226 pages

Genre(s) : Drame


 

Résumé :

« Il était dangereux de raviver les blessures du passé. »

Toscane, 1960. Les blessures de la Seconde Guerre mondiale sont encore vives, surtout à Rocca al Sole, petit village isolé et archaïque où, quinze ans auparavant, les nazis ont massacré femmes et enfants. Lorsque Amanda Lashe, jeune veuve américaine, s’y réfugie avec sa fille pour fuir un violent orage, elle est loin de se douter qu’elle va être précipitée au cœur d’un drame. Car, sous les traits d’un simple commerçant en vacances, les villageois reconnaissent l’un de leurs tortionnaires…

Mon avis :   .

Cela faisait plus de dix ans que je souhaitais lire un autre titre de Kathrine Kresmann Taylor, j’avais étudié son « Inconnu à cette adresse » au collège qui est l’un des rares livres que j’avais aimé lire à cette époque (parce qu’à cette période je n’aimais pas lire, et en même temps ce n’est pas en m’obligeant à lire du Maupassant que j’allais avoir le déclic !).
Finalement cette découverte n’est pas à la hauteur de mes espérances…

Amanda et sa fille Lisa se retrouvent coincées dans un petit village italien après un éboulement, à priori sans histoire cette bourgade est en fait profondément marquée par la Seconde Guerre Mondiale et en particulier par un massacre. Quinze ans se sont écoulés depuis mais les villageois en revoyant un des responsables de ce carnage vont vouloir se venger.
Amanda se retrouve non seulement au milieu de tout cela mais fait aussi la connaissance d’Eduerdo et de sa sœur, une femme assez inquiétante…

Pendant la première centaine de pages on ne sait pas trop où va le récit, l’intrigue est assez brouillonne et prend beaucoup de temps à se mettre en place, on ne comprend pas vraiment ce que trament les villageois et je dois dire que voir leur préparation m’a plus ennuyée qu’autre chose, probablement parce que je ne savais pas le pourquoi du comment, l’auteure attend trop longtemps à mon goût avant d’énoncer clairement de qui les habitants veulent se venger et pour quelle raison, du coup on patauge et cela m’a vite fatiguée.
Mais pour tout dire même si cette partie avait été plus explicite dès le départ je ne suis pas sure qu’elle m’aurait plus intéressée, les sujets évoqués (les crimes de guerre, la vengeance, le pardon…) auraient pourtant pu donner non seulement un bon résultat mais aussi beaucoup de tension et d’émotions et je ne sais pas si c’est moi qui aie été hermétique ou si c’est à cause du style que je trouve un peu daté et assez froid mais le fond est loin de ce qu’on pouvait attendre, le livre ayant été écrit en 1947 l’auteure ne voulait peut-être pas trop « s’enflammer » et que le récit garde une certaine pudeur et reste sobre, ce que je peux comprendre mais rien n’y fait, cette partie m’a ennuyée.

J’ai été un peu plus inspirée par l’histoire entre Amanda et la sœur d’Eduerdo, j’ai malheureusement oublié son nom mais c’est une femme flippante et j’avais envie de savoir ce que cela cachait, pourquoi elle cherchait tant à avoir de l’emprise sur Amanda et comment elle réagirait quand elle verrait qu’Amanda fait tout pour se tenir à distance, la conclusion n’est pas des plus surprenantes mais un autre dénouement aurait peut-être fait tâche et finalement cela fonctionne correctement.
Par contre gros bémol en ce qui concerne la romance entre Amanda et Eduerdo qui tombe comme un cheveu dans la salade, qui est niaise au possible, clichée comme pas permis, bref elle alourdit le récit et elle était bien dispensable.

En dehors de l’intrigue, je dois avouer ne pas être très fan de la plume, je ne sais pas si j’étais à côté de la plaque pendant ma lecture mais j’ai eu du mal à comprendre l’action à certains moments et de manière générale je n’ai pas réussi à me projeter dans les lieux où se déroulait l’histoire.

Bref, je suis très mitigée par cette lecture, l’auteure passe à côté de son sujet à mes yeux et même si le reste n’est pas forcément dénué d’intérêt je ne suis pas sure de m’en souvenir encore dans quelques temps…

  Ma note : 2-5
Drame·Film

Chronique film : Dina

Dina 
Réalisé par Ole Bornedal 
Scénarisé par : Ole Bornedal, 
Jonas Cornell 
2003, Danemark, Allemagne 
Durée : 2h05 
Genre : Drame

Avec : Maria Bonnevie (Dina), 
Gérard Depardieu (Jacob), 
Mads Mikkelsen
 (Niels),
 Hans Matheson (Tomas)...

Adaptation de : Le livre de Dina de Herbjorg Wassmo
Synopsis :
Durant les années 1840, dans une petite ville portuaire de Norvège. Dina, une jeune fille solitaire et sensuelle, vit avec le traumatisme de la mort de sa mère, qu’elle a accidentellement provoquée durant son enfance.
Rejetée par son père, elle devient une créature sauvage et fougueuse qui refuse toutes les règles de son époque. Seul son tuteur parvient à la faire sortir de son mutisme en lui communiquant sa passion dévorante pour le violoncelle.
Sortant peu à peu de son isolement, Dina devient une femme de caractère, imprévisible et obstinée. Amante passionnée, dépassant les conventions de son mariage arrangé, Dina s’engage pleinement dans des amours tumultueuses pour prendre sa revanche sur la vie.
Mon avis : 

Il y a encore quelques mois j’avais vraiment envie de voir ce film, surtout pour le casting en fait vu qu’il y a Mads Mikkelsen et Hans Matheson, mais après avoir lu le livre dont est adapté ce film j’étais beaucoup plus réticente et j’avais peur de m’ennuyer et de m’agacer comme pendant ma lecture…

Le film commence dans la joie, l’amour familial et les petits nounours en guimauve lorsque Dina, 5 ans, se fait gifler par son père et est sur le point d’être étranglée par lui parce qu’elle a ébouillanté vivante sa mère (pas de façon délibérée, c’était un accident, cela arrive à tout le monde d’être maladroit !)
Puis la petite découvrira la violoncelle qui sera la jeune chose réussissant à canaliser son énergie.
Plus Dina grandit, plus elle devient sauvage, indépendante, violente, vit comme elle le souhaite peu importe les conventions, aime qui elle veut malgré son mariage arrangé, et reste hantée par la mort de sa mère.

Je n’avais pas aimé le livre, à cause du personnage que j’avais trouvé profondément égoïste et insupportable mais aussi à cause de l’histoire en elle-même qui est mortellement ennuyeuse, et si ma lecture a été bien longue, mon visionnage du film l’a été tout autant, peu importe le support je n’accroche décidément pas à Dina et à son histoire et je me suis vraiment demandé si cela valait la peine d’écrire une chronique dessus, mais tant qu’à faire autant que je ne me sois pas fait du mal pour rien !

Le film est on ne peut plus fidèle au livre, l’histoire est la même et si vous avez aimé le bouquin alors le film devrait passer tout seul (et dans le cas contraire si le livre ne vous a pas plu alors vous le sentirez passer), mais justement c’est tellement calqué que cela n’apporte pas grand chose en fin de compte, il y a des scènes bien faites, c’est joli à regarder (principalement pour les beaux paysages Norvégiens) mais à par cela, rien de neuf à se mettre sous la dent, il n’y a pas d’effort faits pour essayer d’étoffer un peu l’histoire que ce soit celle de Dina ou des autres personnages, rien pour essayer de rendre Dina plus émouvante ou au moins tenter de la rendre moins énervante, et comme pendant ma lecture l’ennui se faisait de plus en plus fort à mesure que l’histoire se déroulait et dans la deuxième moitié je ne la suivais plus que d’un oeil en me demandant si j’allais réussir à aller jusqu’au bout…

En ce qui concerne les acteurs, c’est Maria Bonnevie qui a été choisie pour le rôle titre, que je vois jouer pour la première fois et qui convient très bien, l’actrice arrive à être vraiment flippante et avoir le regard d’une possédée ce qui est parfait vu à quel point Dina n’est pas rassurante !
Il y a donc Mads Mikkelsen qui aurait du charisme même s’il avait son froc sur la tête mais qui malheureusement est sous-exploité avec un personnage qui ne m’a pas franchement intéressée (et dont je ne me souviens même pas dans le livre), Gerard Depardieu qui joue Jacob (le mari de Dina) qui fait pitié (mais c’est le personnage qui veut cela donc c’est bien fait), Hans Matheson qui incarne Tomas l’ami / amant de Dina et qui a l’air complètement terrorisé par elle (et je comprend pourquoi) ou encore Christopher Eccleston qui est un acteur que je ne peux pas blairer et qui joue un personnage que je ne peux pas blairer non plus !
Il faut admettre que le casting est assez bon, je n’ai pas de gros reproche à faire à leurs interprétations, ils se dépatouillent comme ils peuvent avec des personnages qui manquent de consistance, parce que finalement la plupart des protagonistes en dehors de Dina ne trouvent pas leur place et certains ne sont là que pour être les pantins de l’héroïne, c’était déjà le cas dans le livre et cela se confirme dans le film.

Pour être franche j’ai l’impression d’être bloquée et de ne pas savoir de quoi parler dans ma chronique, l’histoire est fatigante tout comme l’héroïne, les autres personnages sont creux, la réalisation est plate, les musiques sont tellement marquantes que je ne m’en souviens pas (excepté les scènes où Dina joue de son violoncelle qui relèvent le niveau)…
D’autres ont aimé ce film mais ce n’est définitivement pas ma came, je n’ai rien ressenti de positif là-dedans et j’ai vu arriver le générique de fin avec un soupir de soulagement.

Ma note : 1
Drame

Le livre de Dina – Herbjorg Wassmo


Le livre de Dina 
Herbjørg Wassmo
Édition 10/18, 2014
Traduit par Luce Hinsch
605 pages

Genre(s) : Drame 
 
Adaptation 
cinématographique : 
Dina
Résumé :.
Sur les hauteurs sauvages de l’extrême Norvège, Dina règne en déesse obscure. Enfant coupable et délaissée, future maîtresse du domaine de Reisnes, elle grandit et traverse son destin dans un bouillonnement féroce que rien ne peut brider. Autour d’elle, le drame se noue dans le feu et la glace. Car Dina, Ève brûlante, éternelle indomptée, chevauche à travers vents sans trouver le repos… Déjà entrée au panthéon de la littérature scandinave, Herbjørg Wassmo signe une immense fresque du nord de la Norvège au XIXe siècle.
 .  .
 Mon avis :

Honnêtement je ne savais même pas que ce livre existait, j’avais envie de voir le film depuis plusieurs mois (surtout pour la présence de certains acteurs que j’adore) mais je ne m’étais pas renseigner sur un éventuel livre dont il serait adapté et c’est en tombant par hasard dessus à la médiathèque que je m’en suis aperçu.
Et comme pour d’autres titres j’aurais sûrement mieux fait de ne me contenter que du film et de ne pas m’infliger cette lecture !

A l’âge de cinq ans Dina provoque accidentellement la mort de sa mère, cette dernière se fait ébouillanter et après plusieurs heures de souffrance finit par rendre son dernier souffle.
Cet évènement poursuivra l’héroïne et n’améliora pas l’opinion de son entourage à son égard.
Il faut dire que Dina n’est pas une jeune fille modèle; complètement libre, sauvage, n’ayant pas eu d’éducation, elle s’attire les foudres de beaucoup mais aussi la convoitise des autres et ils vont tous essayer de la remettre à sa place.

Oui mon résumé est moisi mais essayez d’en écrire un sur un bouquin où il ne se passe rien, on va rire :p
Bref, je vais commencer par le positif (au moins, ce serait vite fait !) j’ai aimé l’atmosphère du livre, on se retrouve directement catapulté en Norvège, c’est du coup très froid, on a une sensation d’isolement, d’oppression, tout le monde ne peut pas aimer mais moi si et au moins cela fait une chose qui m’a fait de l’effet dans le livre !

Parce que pour le reste je ne peux dire que du négatif, pour commencer : Dina, avoir une héroïne forte, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui est déterminée, c’est génial, mais avoir une héroïne qui est complètement dans l’excès, qui ne se préoccupe aucunement des autres, qui fait des caprices d’enfant gâté, c’est moins génial !
Dina est vraiment pénible et fait regretter de ne pas être dans le livre pour lui donner du lexomyl, il n’y a pas un seul moment de calme avec elle, elle peut tombée dans l’hystérie pour un oui ou pour un non et surtout je le répète elle est égoïste, c’est son plaisir avant tout peu importe les conséquences, elle fait tourner chèvre son mari jusqu’à l’épuisement, elle couche avec Tomas qui est amoureux d’elle depuis toujours et ensuite l’envoie bouler comme un vieux radis moisi, évidemment un bon personnage doit aussi avoir ses défauts mais là c’est impossible pour moi d’apprécier une héroïne aussi froide et tellement tournée vers elle-même qu’elle démolit des gens au passage.
D’autant que le second effet du caractère un peu extrême de Dina c’est que tous les autres personnages à côté d’elle paraissent fade, c’est d’ailleurs pour cela que je ne me souviens plus de la moitié d’entre eux, quant à ceux dont je me souviens je ne peux que brièvement les décrire; Jacob (le mari de Dina) est une vieille loque largement guidée par sa braguette, Tomas est un gentil toutou bien docile et le père de Dina est un aigri pas foutu de témoigner un semblant d’affection envers sa fille… J’ai vu mieux comme galerie de personnages !

Je disais plus tôt (avec un peu de mauvaise foi) qu’il ne se passait rien dans le bouquin, pour être plus juste l’histoire aurait pu m’intéresser si le personnage m’avait plu car toute l’intrigue se concentre autour de Dina, ne vous attendez pas à de grandes aventures palpitantes, nous suivons avant tout son évolution au fil des années, depuis la mort de sa mère, son enfance auprès de son père qui ne sait comment gérer cette enfant sauvage, sa découverte du violoncelle, son mariage avec Jacob bien plus âgé qu’elle, etc…
C’est le genre d’histoire qui pourrait très bien m’emballer mais n’ayant aucun atome crochu avec Dina je n’ai fait que m’ennuyer encore et encore, du début à la fin, en espérant vaguement qu’à un moment ou à un autre l’intrigue réussisse à trouver du souffle et me sorte de ma léthargie mais ce n’est jamais arrivé et j’ai vraiment eu l’impression d’avoir perdu mon temps avec cette lecture !

Ne me reste plus qu’à regarder l’adaptation cinématographique, j’espère que Dina sera moins insupportable sur écran mais je ne me fais pas d’illusion et je m’attends à souffrir encore un coup pendant deux heures !

Ma note : 1
Drame·Film

Chronique film : Hell

Hell.
Réalisé par Bruno Chiche
Scénarisé par : Bruno 
Chiche /
 Lolita Pille
2006, France
Durée : 1h40
Genre : Drame
Avec : Sara Forestier (Hell),
Nicolas Duvauchelle 
(Andrea)...

Adaptation de : Hell 
de Lolita Pille
Synopsis :
Hell, une jeune fille issue d’un milieu aisé, passe ses nuits dans les boîtes parisiennes et ne fréquente que la jet set. Mais dans ce monde où tout n’est que paillettes, elle est en proie à un certain mal de vivre. C’est alors qu’elle fait la rencontre d’Andrea, un jeune homme avec qui elle s’isolera pendant six mois pour entamer une descente aux enfers.
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Mon avis :

Déjà la troisième fois que je vois ce film et mon opinion ne fait que se dégrader, la première fois je n’avais pas encore lu le bouquin et j’avais trouvé le film tout juste regardable, la seconde fois, après ma lecture, je l’avais trouvé médiocre et maintenant je le trouve tout simplement mauvais, en tant que film mais surtout en tant qu’adaptation.

« Hell » est donc l’adaptation du livre du même nom écrit par Lolita Pille où nous suivons une jeune fille qui évolue parmi la jeunesse dorée de Paris, entre beuveries, drogues et coucheries, un univers charmant donc et pas du tout glauque !

Si vous avez lu ma chronique sur le livre, vous savez que c’est surtout pour son personnage principal qui est complexe et bien travaillé que j’ai apprécié le livre, le reste m’ayant laissée très mitigée.
La première fois que j’ai pu comparé les deux supports (il y a 6 ou 7 ans) je n’avais pas encore le recul pour voir Hell telle qu’elle était réellement, c’est-à-dire profondément fragile et malheureuse, je ne voyais que sa superficialité, donc son traitement dans le film ne me gênait pas, aujourd’hui si, un peu.

Pour ce rôle c’est Sara Forestier qui a été choisie, ce n’est pas une actrice que j’ai souvent vu jouer (à moins de ne pas m’en rappeler…) mais je trouve qu’elle fait le job correctement dans « Hell », sans être parfaite elle a réussi à restituer la fragilité du personnage, j’ai ressenti la même compassion pour Hell dans le film que dans le livre, et physiquement il y a aussi quelque chose que Forestier apporte, quand Hell est dans son milieu elle parait éteinte, on arrive à percevoir la tristesse au fond d’elle et au contraire quand elle est heureuse avec Andréa est est lumineuse. De ce côté là c’est bien, je n’ai pas de reproche à faire.
Là où le bas blesse c’est que Sara Forestier n’est pas assez arrogante, à la base Hell est condescendante et méprisante et là il n’y a pas grand chose, elle n’envoie pas bouler ses parents (se contentant de traiter son père de connard quand il n’étend pas), ne bave pas sur le dos de son entourage, ne balance pas sa longue tirade à Andrea dans le but de le démolir, elle est trop gentille en fait, je ne sais pas si c’est un choix fait pour rendre le film moins trash ou le personnage moins antipathique mais le résultat est loin d’être convaincant et Hell est assez plate.

Pour Andrea c’est Nicolas Duvauchelle qui s’y colle, j’aime bien cet acteur (surtout physiquement oui, faut avouer ! Mais il était quand même excellent dans « Polisse » donc en ne me traiter pas d’obsédée tout de suite) mais dans « Hell » il n’est pas bon, du tout, déjà je n’aime pas cette grosse fadasse d’Andrea dans le livre mais c’est amplifié par le jeu d’acteur. Duvauchelle est mono-expressif, il récite son texte, on voit que les scénaristes ont essayé de creuser son personnage, de donner plus d’importance à sa relation difficile avec son père, mais la sauce ne prend pas, il n’est absolument pas touchant, il est juste ennuyant et là où il n’était qu’un petit con dans le livre il se transforme en gros blaireau dans le film, il se met à rouler à fond la caisse parce qu’une bande de beaufs l’a provoqué, il essaie de donner des ordres à Hell, il est violent; c’était déjà un crétin sur papier c’était inutile de lui coller l’étiquette du parfait branleur qui tente de contrôler son monde et pète un boulard à la moindre occasion !

Le reste du casting est trop anecdotique pour en parler, que ce soit les amies de Hell, ses parents qui sont plus présents que dans le livre mais tout aussi inexistants, et les autres, aucun protagoniste n’est vraiment creusé et les acteurs qui les jouent n’ont donc pas eu l’occasion de me marquer.

En ce qui concerne l’histoire, si le livre est répétitif et assez lassant à la longue, le film réussit l’exploit de faire pire, cela se résume encore une fois à suivre Hell d’une soirée pleine de coke à une autre mais là ou la romance entre Hell et Andrea apporte un peu de légèreté au livre, dans le film c’est devenu une histoire assez malsaine où les deux se font sans arrêt du mal pour finir par un concours morbide où ils picoleront jusqu’à la limite du coma éthylique (aaaahh le romantisme !), il n’y a que quelques rares scènes où on peut vraiment voir ce qui les lie, où il prend soin d’elle quand elle est malade après une énième cuite, mais c’est trop peu, leur style de vie est glauque et leur romance était sensée être une bouffée de fraicheur pour eux jusqu’à ce que leurs démons les rattrapent, pas une histoire où leurs jalousies respectives les rongent encore un peu plus…
Par contre je dois dire que j’ai bien plus accroché au dénouement du film que du livre, il reste le même mais la mise en scène et le jeu d’actrice fait qu’il m’a plus secouée et je trouve la réaction de Hell sur écran plus touchante que sur papier.

C’est difficile de défendre ce film, à chaque fois que je trouve quelque chose de positif il y a autre chose à côté qui gâche tout, le scénario est raté, le casting n’est pas sans faute et l’atmosphère n’est pas bien retranscrite non plus, c’est insipide, ce n’est pas aussi oppressant que cela le devrait et surtout c’est poussif, le film ne dure que 1h40 mais j’ai trouvé le temps très long, j’ai même fait avance rapide quelques fois parce que je n’en pouvais plus !
Finalement même si je trouve bon nombre de bémols au livre il est supérieur à son adaptation et si on veut vraiment saisir le caractère de Hell c’est vers ce support qu’on devrait se tourner !
.

Ma note : 1-5
Bande-dessinée·Coup de coeur·Drame

Violette Nozière, vilaine chérie – Eddy Simon / Camille Benyamina

Violette Nozière,
 Vilaine chérie
Eddy Simon /
 Camille Benyamina 
Édition Casterman,
 2014
96 pages

Genre(s) : Bande-dessinée,
 Drame
.
Résumé :.

L’un des plus célèbres faits divers des années 30 revisité en bande dessinée. Un portrait saisissant et la découverte du talent graphique de Camille Benyamina.

Octobre 1934. Assise sur un banc, noyée dans un immense couloir du Palais de justice de Paris, Violette Nozière, 19 ans, toute de noir vêtue, a les yeux perdus dans le vide. Elle attend que son procès reprenne et songe à ce qui l’a conduit ici. Celle que l’on surnomme alors « l’empoisonneuse de la rue de Madagascar » ou la « parricide monstrueuse » laisse ses pensées remonter le temps…

Mon avis :.

Si je n’étais pas retournée en médiathèque faire une nouvelle razzia de bandes dessinées, je ne serai sans doute jamais tombée sur celle ci, je ne connais pas l’auteur ni l’illustratrice et le fait divers dont elle est inspirée m’est totalement inconnu… Et je dois dire que passer à côté de cette BD aurait été dommage car c’est une petite perle !

Violette n’a que 19 ans et a déjà un lourd passif; vol, mensonges, prostitution; sa vie l’ennuie, ses parents l’agacent, ses différents amants la frustrent, elle rêve de fêtes, d’argent, de luxe et manipuler son monde ne lui fait pas peur. Quand elle tombe sous le charme d’un jeune homme, elle pense que ses rêves sont à portée de main, mais il leur faut de l’argent, et quoi de mieux que l’héritage que les parents de Violette comptent lui laisser ? Encore faut-il qu’ils meurent et Violette n’a pas l’intention d’attendre que la vieillesse s’en charge…

Comme je le disais je n’avais jamais entendu parler de cette histoire auparavant je ne sais donc pas à si elle est bien retranscrite et si la personnalité de Violette est fidèle à la réalité mais j’ai vite oublié cette zone de flou pour la simple et bonne raison que j’ai accroché à l’intrigue dès les premières vignettes car l’histoire est à la fois fascinante et glaçante.
Malgré la monstruosité du personnage, le traitement de Violette n’est pas manichéen, elle est aussi montrée fragile et aimante (reste à savoir si c’est sincère ou si c’est encore une fois de la manipulation…), à mon sens l’auteur n’a pas de parti pris et cherche vraiment à restituer la manière de penser et d’agir de la jeune fille sans chercher à en rajouter mais sans essayer de la rendre attendrissante non plus.
Ce que Violette peut commettre est atroce, on se demande vraiment comment elle peut essayer de tuer ses parents (deux fois !) aussi froidement, pourtant j’avais hâte de voir comment et si elle allait parvenir à ses fins (je dois être un peu psychopathe !), qu’est-ce qui fait qu’elle en arrive là et ce qui pourrait la faire finalement plonger…
C’est vraiment très bien narré, cela ne s’essouffle à aucun moment, c’est percutant mais il y a aussi des moments plus insouciants pour que le récit ne devienne pas lourd, le seul petit reproche que je pourrais faire concerne l’accusation de viol de Violette à l’encontre de son père qui avait apparemment semé le doute à l’époque, j’aurais aimé quelques planches de plus à ce sujet pour se rendre vraiment compte de l’impact que cela a eu, mais à par ce petit bémol j’ai adoré l’ambiance des années 30 et l’histoire est passionnante.
Petit bonus, quelques pages à la fin de la BD sont consacrées à ce qu’est devenue Violette Nozière après le procès, c’est assez bref mais c’est bienvenu, cela m’aurait sûrement frustrée de ne pas avoir cette petite partie et d’être obligée d’aller voir ailleurs pour connaître la suite.
Les dessins quant à eux sont sublimes et servent en plus parfaitement l’histoire, c’est rare qu’un coup de crayon dans une bande-dessinée me tape autant dans l’oeil mais le travail sur les couleurs, sur les expressions des personnages, sur l’atmosphère, est tellement bien réalisé que cela a joué en grande partie sur mon coup de coeur, des dessins de moindre qualité n’auraient pas non plus gâché le plaisir de la lecture mais le talent de Camille Benyamina fait que l’histoire, qui est déjà captivante à la base, devient encore plus prenante. C’est un coup de crayon vraiment très doux, qui tranche complètement avec le fond mais qui parvient aussi à renforcer la noirceur de l’histoire dans les moments clé.

Bref, je suis conquise autant par les magnifiques dessins que par l’intrigue captivante, je surveillerai les futures publications de l’auteur et de l’illustratrice et j’achèterai mon propre exemplaire de la BD pour avoir cette pépite dans ma bibliothèque !

Ma note : coupdecoeur