Coup de coeur·Policier·Série

Chronique série : And Then There Were None

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Créée par Sarah Phelps.

Adapté de : Dix petits nègres d'Agatha Christie.

Diffusé sur BBC One en 2015
1 saison / 3 épisodes de 60 minutes.

Réalisateur : Craig Viveiros.

Scénariste : Sarah Phelps.

Avec : Maeve Dermody (Vera Claythorne), Charles Dance (juge 
Wargrave), Burn Gorman (William Blore), Aidan Turner (Philippe
 Lombard), Toby Stephens (Dr Armstrong), Sam Neil (général
 MacArthur), Douglas Booth (Anthony Marston), Miranda Richardson
 (Emily Brent), Anna Maxwell Martin (Ethel Rogers), Noah Taylor
 (Thomas Rogers).

 

Synopsis :

En 1939, l’Europe est au bord de la guerre. Dix personnes sont invitées sur « Soldier Island » (l’Île du Soldat), une île le long de la côte du Devon en Angleterre. Isolés du continent, leur hôte A. N. O’Nyme mystérieusement absent, ils se retrouvent tour à tour accusés d’un crime. Lorsqu’une première personne meurt subitement, les autres comprennent que le meurtrier est parmi eux.

 

Mon avis :

J’avais envie de voir cette mini-série depuis sa diffusion, déjà car j’adore le livre dont elle est adaptée mais aussi parce que le casting a de la gueule (notamment Charles Dance, Aidan Turner, Sam Neil et Toby Stephens -le parfait Mr. Rochester de « Jane Eyre » en 2006 dont je parlerai forcément un jour !-).

« And then there were none » est donc l’adaptation du génial « Dix petits nègres » d’Agatha Christie, livre et série se déroulent sur une île isolée, 8 personnes sont invitées mais seuls les deux domestiques les accueillent, les hôtes n’étant pas là, mais alors que les 10 larrons se préparent à attendre patiemment (et qu’une tempête les bloque sur l’île), un message résonne dans la maison les accusant tous d’avoir commis des meurtres avant que l’un d’entre eux ne s’écroule, visiblement assassiné…

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Qu’on ait lu le livre ou pas, cette série est vraiment à voir, c’est une très grande réussite et un coup de cœur pour moi, du coup ne vous attendez pas à ce que je relève beaucoup de points négatifs, vu que je ne sais même pas si je vais en trouver un seul !

Je vois difficilement comment le bouquin aurait pu être mieux adapté, excepté quelques petits changements anodins (comme le docteur Armstrong qui se prend une baffe pour se calmer plutôt que Vera Claythorne, cela ne change pas l’histoire mais je trouve que c’est plus logique vu que Vera a l’air plus stoïque que le docteur de façon générale !), la trame de la série est la même que sur papier (en même temps, pourquoi la changer ?!) et donc tout aussi captivante.
Alors oui je pourrais tout de même évoquer les quelques jurons prononcés par les personnages qui ne sont vraiment pas nécessaires ou la pseudo romance entre Lombard et Claythorne qui n’est pas présente dans le livre mais que je ne rejette pas non plus en bloc dans la série, on n’aurait pu faire sans mais je trouve que cela rajoute un peu plus de tension et ce n’est pas comme s’il n’y avait aucune alchimie entre les deux personnages donc pourquoi pas ?

Comme le livre, la série se dévore d’une traite, la durée est idéale pour construire les personnages et montrer toutes leurs facettes, et pour que l’intrigue se déroule sans longueur tout en étant pas précipitée, mais vu le matériau de base il y avait peu de risque de se retrouver face à une histoire ennuyeuse et/ou mal foutue, même en connaissant l’histoire et ses ficelles presque par cœur, j’ai été happée par la série pas seulement parce que l’intrigue est brillante mais aussi pour tout le reste (l’atmosphère générale, les personnages sur lesquels on veut en savoir plus, les acteurs impeccables…), même les passages les plus insignifiants (à priori) retiennent l’attention et moi qui voulait juste revoir quelques morceaux du premier épisode pour écrire cette chronique je me suis surprise à revoir les trois parties sans m’en rendre compte et encore une fois sans ennui ni sans être lassée.
C’est de l’excellent travail que ce soit en tant qu’adaptation ou en tant que série, qu’on sache comment l’histoire va tourner ou pas il y a tout ce qu’il faut pour avoir envie d’enchainer les épisodes (tout comme le livre pousse à tourner les pages sans s’arrêter !).

La réalisation est superbe, élégante, léchée, la série possède bon nombre de plans magnifiques mais elle est aussi « pertinente », autant pour certains détails qu’on peut remarquer si on connait le déroulement de l’intrigue que pour les prises de vue de l’île et de la maison qui accentuent l’isolement mais les rendent également hostiles et aussi inquiétantes que certains personnages qui s’y trouvent !

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Comme on pouvait s’y attendre le casting aussi est solide entre acteurs confirmés et jolies révélations. Je ne vais pas m’étendre sur les prestations de Sam Neil, de Miranda Richardson et de Charles Dances, je pense qu’on les connait suffisamment pour se douter qu’il n’y aucune fausse note dans leurs jeux, même chose pour Toby Stephens toujours sur le fil et à deux doigts de dérailler et Burn Gorman que je connais beaucoup moins mais qui est aussi très juste, imperturbable et qui a pourtant l’air en permanence apeuré.
Le casting est complété par Noah Taylor absolument sinistre en domestique et Anna Maxwell Martin qui joue sa femme complètement terrorisée qui fait office de souffre-douleur, Aidan Turner magnétique mais glaçant (et je pense que les costumiers ont eu des problèmes avec ses fringues vu qu’on le voit torse poil plus souvent que mes ovaires ne peuvent le supporter !) et Douglas Booth qui est un acteur que j’ai toujours trouvé trop lisse et ayant du mal à porter vraiment un rôle, mais ici il s’en sort bien, peut-être que le personnage du garçon né avec une cuiller en argent dans la bouche, inconscient, égoïste et blessant associé à sa tête toute mignonne lui va mieux que les rôles plus « romantiques » !
Et je finis par mon petit coup de cœur : Maeve Dermody qui joue Vera Claythorne que je découvre avec cette série et que j’ai trouvé parfaite, tout en sobriété et en finesse et qui fait passer beaucoup de choses rien qu’avec le regard.
Bref, des acteurs et actrices bien choisis, aux jeux variés et tous au top, je n’ai pas encore vu d’autres adaptations des « Dix petits nègres » et je pense que j’aurais du mal à me défaire de l’image des acteurs de la série maintenant !

Forcément je ne peux pas en dire plus (surtout en ce qui concerne l’intrigue), je fais la comparaison entre livre et série et je donne mon avis, rien de plus et je ne vais surtout pas spoiler (d’autant qu’on m’a moi même balancé le fin mot de l’histoire avant ma première lecture, ce n’était pas agréable mais le livre est tellement bien que cela n’a même pas gâché le plaisir en fait !), tant qu’à faire autant vous en dire le moins possible pour que vous vous fassiez balader le plus possible !
Si vous avez déjà lu le bouquin lancez vous dans cette série parce que vous devriez y retrouver ce que vous avez aimez pendant votre lecture et si vous ne l’avez pas lu alors laissez vous tenter par cette adaptation qui devrait vous surprendre.

Personnellement je suis plus que séduite et j’espère que la BBC aura l’idée d’adapter « Le crime de l’orient-express » un jour, parce qu’il y aurait de quoi faire une autre excellente série !

 

Ma note : 
coupdecoeur
Chick-lit·Policier

Je n’irai pas chez le psy pour ce con ! – Isabelle Alexis

Je n'irai pas chez le psy
pour ce con !
Isabelle Alexis 
Édition J'ai lu, 2010
250 pages

 Genre(s) : Chick-lit, Policier

 

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Résumé :.
Alors que Juliette venait pour un entretien d’embauche à la télévision, elle est interviewée à la place de Loren, romancière qui devait présenter son deuxième livre. Amusées par la situation, Juliette et Loren tombent dans les bras l’une de l’autre et passent la nuit ensemble. Mais le lendemain, Juliette tue accidentellement Franck, son petit ami dealer, et un témoin fait chanter les deux amantes.
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Mon avis :.

Voila un titre de chick-lit que j’ai déjà lu il y a plusieurs années, que j’avais bien apprécié, et que j’avais mis sur ma liste des livres à relire un jour, et c’était une connerie ! Je me demande vraiment ce que j’avais aimé dans ce livre lors de ma première lecture…

Juliette est une fille un peu paumée, elle vit avec son copain possessif, macho, violent, qui l’humilie 30 fois par jour et qui deale de la drogue (en bref, c’est un gros pignouf qui mérite des coups de pelle dans la tronche), et elle galère à trouver un travail jusqu’à ce qu’on lui propose un entretien pour un poste à la télévision. Loren au contraire mène la carrière qu’elle souhaite, elle vient de boucler son troisième livre et est sur le point de passer dans une émission pour en faire la promo. L’entretien de la première et l’interview de la seconde se déroulent au même moment, les deux femmes se croisent et par erreur l’une se retrouve à la place de l’autre… Après ce moment gênant elles finissent par nouer une amitié ambiguë et quand Juliette finit son taré de mec en lui fracassant le crâne, elle appelle Loren à l’aide pour se débarrasser du corps.

Je suis un peu de mauvaise foi dans mon intro, on croirait que je n’ai rien aimé et ce n’est pas tout à fait vrai, le début du bouquin est plutôt potable le quiproquo qui lance l’histoire de Loren et Juliette est plutôt amusant, même s’il n’est pas franchement original, au moins cela passe et cela a le mérite de faire sourire même si on comprend vite que Juliette est une belle cruche.
Après par contre cela devient le boxon, autant pour les réactions des personnages que pour l’histoire.

Que Loren et Juliette passe l’éponge sur leur mésaventure, d’accord, qu’elles aillent boire un café et s’entendent bien, ok, que Juliette s’incruste chez Loren, squatte sa baignoire et finisse dans son plumard (et pas seulement pour faire un petit somme alors que Loren n’a de toute évidence aucun penchant lesbien), là cela commence à devenir n’importe quoi mais passons, que Juliette après avoir dézingué son petit-ami et pour se sortir de cette mouise en planquant le corps de son cher et tendre fasse appel à Loren qui accepte, euh… nan ?! Enfin personnellement quand je viens de me faire une nouvelle copine, je ne lui propose pas d’aller jouer avec un macchabée ! (Et puis si une nana que je connaissais depuis une demie heure me demandait un truc pareil je l’enverrai bouler) (A la rigueur j’accepterai pour ma meilleure amie) (Enfin si elle pouvait éviter ce serait aussi bien !) (Quoi que, des deux c’est moi la plus tarée donc ce serait plus à elle de se méfier !) Bref à moins d’être un brin psychopathe, la réaction de Loren n’est pas du tout crédible, Juliette était une parfaite étrangère la veille, rien ne dit qu’elle ne va pas désosser quelqu’un d’autre et Loren a une vie bien installée qu’elle pourrait démolir en étant complice (parce qu’à moins que je me trompe, aider quelqu’un à enterrer la victime d’un meurtre n’est pas très légal !), à moins que Loren ne soit vraiment très serviable, son comportement me laisse perplexe.

Mais même si les personnages sont très mal foutus et que leurs réactions ne sont pas franchement réalistes, l’intrigue n’est pas mieux construite, une fois que les héroïnes ont accompli leur besogne dans la forêt, elles essaient de continuer leurs vies mais découvrent très vite que quelqu’un les a vu faire du jardinage avec de l’engrais humain (c’est marrant de constater qu’à chaque fois qu’un personnage de série, de film, ou de bouquin enterre un corps dans une forêt il se fait tout le temps remarquer, soit c’est un cliché usé jusqu’à la corde, soit certains sont adeptes du jogging en pleine nuit, je ne sais pas !), bref un corbeau les fait chanter et en plus une enquête est lancée quant à la disparition du petit-ami de Juliette, théoriquement on devrait sentir l’étau se resserrer peu à peu mais c’est tellement mou que je n’ai adhéré à aucun moment, les rebondissements sont visibles des plombes avant qu’ils ne se produisent, les deux filles sont tellement peu attachantes que je me fichais de savoir si elles allaient atterrir en prison, l’identité du corbeau ne m’intriguait aucunement, et il y a des longueurs à s’en arracher les cheveux et je dois dire qu’au bout d’un moment j’en avais assez, autant de l’histoire que des personnages, et je voulais juste arriver à la fin pour passer à autre chose donc j’ai finis par ne lire qu’une phrase par page et j’ai remarqué que je n’étais pas du tout larguée, ce qui prouve bien qu’on s’attarde sur des détails qui ne servent à rien, que l’histoire s’étire à l’extrême et que tout cela ne fait office que de remplissage !
Et le pompon c’est que la fin est d’une facilité grotesque, tout s’arrange comme par magie, et on peut dire que le hasard fait bien les choses (ou que l’auteure manque cruellement d’imagination), l’enquête policière et le mystère de l’identité du corbeau ne cassent pas des briques mais alors leur résolution est vraiment bâclée et simpliste, c’est balancé vite fait mal fait et puis voila fin de l’histoire, il fallait trouver une conclusion donc on a foutu ça comme ça et basta ! Je n’attendais pas de miracle mais là c’est vraiment la solution pour ne pas se casser les nénettes et pour dire que le livre a une fin, si le livre m’avait plu ce dénouement me serait resté en travers de la gorge, là je n’ai pas aimé et j’ai eu un petit rictus en voyant ce foutage de pomme final !

Je n’en ai pas encore parlé mais j’ai aussi trouvé la relation liant Loren et Juliette très mal exploitée, rien ne dit que les deux soient lesbiennes ou bisexuelles mais elles couchent ensemble, autant pour Juliette cela ne m’a pas posé problème parce que c’est elle qui démarre cette histoire donc cela ne doit pas être sa première expérience mais Loren n’a l’air d’avoir eu des liaisons qu’avec des hommes et pourtant elle ne s’interroge jamais quant à leur relation ou à sa sexualité, si c’était « naturel » chez elle d’avoir envie de cela je comprendrai et il n’y aurait pas besoin de le justifier mais on ressent surtout de la réticence venant d’elle et du coup cela m’a mise mal à l’aise.
Après sa méfiance du début, Loren finit par appeler Juliette « ma chérie », elles se tiennent la main et agissent comme si elles s’aimaient (pas sure que ce soit vraiment le cas…), puis trois pages après elles se comportent comme deux amies et rien plus, puis cinq pages après Loren parle de Juliette comme de son boulet, puis elles agissent de nouveau en amoureuses, bref c’est à n’y rien comprendre et leur instabilité m’a très vite fatiguée.

A par les premières pages je ne vois rien à sauver dans ce livre, ce n’est ni drôle, ni prenant ni rien, c’est vide, lassant, énervant même et je ne comprends définitivement pas ce qui m’avait convaincue lors de ma première lecture !

Ma note : 1
 
Policier

Nature morte à Giverny – Renée Bonneau


Nature morte à Giverny 
Renée Bonneau
Édition Nouveau monde, 2015
217 pages

   Genre(s) : Policier

 
 
Merci à
et aux éditions 
http://www.nouveau-monde.net/
 

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Résumé :.
Giverny, été 1908. Claude Monet se rend aux aurores devant le bassin aux nymphéas qui jouxte sa maison de Giverny, afin de mettre tes dernières touches à son tableau. Mais l’eau de l’étang a pris une teinte rose qu’elle n’avait pas la veille… Inquiet, le peintre s’approche. Et c’est horrifié qu’il découvre, flottant parmi les nénuphars, le corps d’une jeune fille : Ophélia, la fille de son ami japonais, un amateur d’art, venu en visite. Qui a pu commettre un tel acte ? Un rôdeur ? Un des jardiniers chargés de l’entretien du domaine ? Ou bien faut-il chercher du côté dé l’hôtel Baudy, où se sont installés pour l’été de jeunes peintres américains venus à Giverny dans l’espoir de rencontrer le Maître ? Duquel d’entre eux ou des autres pensionnaires Ophélia s’est-elle attiré la haine et le désir de vengeance ? C’est ce que Louis Berflaut, inspecteur de la Sûreté, appelé en renfort dans cette affaire, va tâcher de découvrir. Cette intrigue, subtilement nouée, évoque l’ambiance des romans d’Agatha Christie, dans la peinture d’une société élégante qui fomente en secret des passions de toute nature.

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Mon avis :

Je suis amoureuse du travail de Claude Monet et j’ai eu la chance de visiter sa maison à Giverny pour mes 20 ans (donc il y a une éternité, oui ma crise des 24 ans n’est pas encore passée, si ça vous gonfle vous me le dites =D) et quand ce titre a été proposé par Babelio lors d’une Masse critique je me suis directement jetée dessus, et sans être un coup de cœur (comme j’avais pu avoir avec « Nymphéas noirs », un autre livre prenant place à Giverny, par exemple) cela été un très bonne découverte !

Malgré sa perte de vue Claude Monet continue de travailler sur sa série des « Nymphéas », ses yeux l’empêchent d’avancer comme il le voudrait, son humeur s’en ressent et les jeunes peintres américains s’étant établis dans le village dans l’espoir de travailler avec lui ne font que renforcer son agacement.
Seul son ami M. Hakasuko qui lui a fait découvrir l’art japonais est le bienvenue chez lui, il est accompagnée de sa fille Ophélia, qui a un caractère bien trempé et qui se rapprochera très vite de la bande d’américains, elle va se faire des amis mais surtout des ennemis, et finira par être retrouvée morte quelques temps plus tard dans le bassin des Nymphéas…

Ce roman est découpé en deux parties, la première nous permet de bien connaître les personnages, et de comprendre les relations qui les unissent, puis la seconde se concentre vraiment sur l’enquête autour de la mort d’Ophélia.

A première vue cela peut sembler court pour boucler l’intrigue mais au contraire j’ai trouvé cela très bien dosé, dès le départ on commence à soupçonner les uns et les autres, on voit les foudres qu’Ophélia peut s’attirer, on mène l’enquête tout seul comme un grand (ou comme une nouille pour ma part car je me suis complètement plantée sur l’identité du tueur !) mais pas que, car si j’ai apprécié de me prendre pour la Sherlock Holmes du pauvre et de découvrir les motivations des meurtriers potentiels j’ai aussi aimé suivre les personnages qui apparaissent dans cette histoire et plus particulièrement l’héroïne, Ophélia, qui est est un personnage vraiment intéressant, elle a son franc parler, elle est féministe, elle est indépendante, elle est touchante pour son amour non réciproque envers Elizabeth, elle manque parfois cruellement de délicatesse c’est sur mais c’est le genre d’héroïne que j’aime suivre, et même si je savais quel sort lui était réservé, la voir se faire tuer m’a fait un petit coup au cœur.
Les autres personnages sont aussi plutôt bien construits, que ce soit les peintres en herbe opportunistes et assez tête à claques; Elizabeth, mariée à l’un d’entre eux, malheureuse et pas au bout de ses peines qui va s’illuminer au contact d’Ophélia, ou encore Claude Monet lui même qui est comme je l’imaginais, bien bougon mais qui peut aussi être adorable !
Bref, les figures sont variées et agréables à suivre et même s’il n’y avait pas eu d’enquête policière regarder vivre cette petite galerie de personnages dans le village m’aurait plu !

L’auteure profite aussi de ces personnages pour intégrer certains sujets à son livre, comme la condition féminine; à travers Ophélia, Elizabeth ou bien Irène une autre femme du roman, elle aussi malheureuse en mariage qui n’a pas l’air de se marrer tous les jours aux côtés de son mari militaire crispé et autoritaire; mais aussi l’homosexualité, avec Ophélia qui ne tarde pas à tomber amoureuse d’Elizabeth et rejette les hommes qui essaient de se rapprocher d’elle, ce n’est pas l’aspect de l’histoire le plus mis en avant mais c’est cool de suivre une héroïne attirée par les femmes dont le caractère est aussi bien traité !

La seconde partie du livre est un poil plus classique, l’inspecteur Berflaut passe l’endroit au peigne-fin, interroge les personnages, démêle le vrai du faux, un premier suspect est arrêté puis disculpé et ainsi de suite, c’est classique donc mais cela reste efficace, pas de grands retournements de situations sortis d’on ne sait où mais une enquête réaliste et bien menée, j’ai une petite préférence pour la première partie mais je suis satisfaite du dénouement de l’enquête et de voir aussi ce que la mort d’Ophélia a pu provoquer comme changement chez certains, notamment chez Elizabeth, même si on ne s’étend pas dessus, au moins les personnages ne sont pas laissés de côté et ont leur fin à eux.

Une histoire bien faite que ce soit pour l’intrigue policière ou pour le reste, un personnage principal excellent, un cadre magnifique dans lequel on se projette sans problème et des thèmes intelligemment utilisées, il ne n’en fallait pas plus pour passer un très bon moment, merci à Babelio et aux éditions du Nouveau monde pour cette jolie découverte.
Ma note : 4
 
Humoristique·Policier

Le père Denoël est-il une ordure ? – Gordon Zola

Le père Denoël est-il une
 ordure ?
Gordon Zola 
Édition Le Léopard Démasqué,
2013
234 pages

Genre(s) : Policier, 
Humoristique

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Merci aux éditions 
http://www.leopardmasque.com/
Résumé :  .
« SOS femmes tondues, j’écoute »…
Rien ne pouvait laisser deviner à Maître Lucien Bonplaisir, avocat de l’édition, défenseur des veuves tondues et des orphelines éplorée, qu’il serait tragiquement plongé dans un des mystères criminels les plus déroutants du XXe siècle !
Le 2 décembre 1945, l’éditeur de Louis-Ferdinand Céline, Robert Denoël, est assassiné à Paris d’une balle dans le dos…
Soixante-dix ans plus tard, bien que toutes les pièces du puzzle soient étalées devant nos yeux, le mystère reste entier !
Après le fameux « J’Ecluse », qui abordait une face cachée de la lune Dreyfus, Gordon Zola, surmontant l’omerta toujours en vigueur sur cette énigme, propose une vision décoiffante de l’époque et de l’affaire !
 
Mon avis :   .

Il y a un an environ les éditions du Léopard Démasqué m’avait contactée pour me proposer un partenariat, n’ayant plus eu de nouvelles depuis je croyais que c’était tombé à l’eau et pourtant j’ai reçu par surprise ce livre il y a quelques jou… euh semaines, merci donc pour cet envoi et pour le petit mot laissé par l’auteur !

« Le père Denoël est-il une ordure ? » se sert d’un fait véridique, le meurtre de l’éditeur Robert Denoël, qui n’a jamais été élucidé. Une enquête policière est mise en place autour de cet assassinat et l’auteur cherche à offrir une explication à ce meurtre.
Pendant ce temps, le tueur au rasoir fait couler le sang dans les rues de Paris; les collabos sont mis au piloris et un avocat et son assistante apportent leur aide grâce à leur « SOS femmes tondues »…

Bref la seconde guerre mondiale vient de toucher à sa fin, c’est le chaos et le monde de l’édition ne fait pas exception, tous les auteurs sont passés au crible et soupçonnés d’être du côté de l’ennemi, j’avoue que je ne suis pas fan des histoires relatant la seconde guerre mondiale, j’ai tellement bouffé de cette période au collège qu’aujourd’hui c’est l’overdose sauf quand cela traite d’une partie des faits encore assez méconnu ou que c’est raconté de façon différente, humoristique par exemple, et « Le père Denoël est-il une ordure » réunit ces deux points, même si l’époque n’est pas au premier plan, on y est bien ancrés et certains éléments sont correctement utilisés et s’imbriquent bien dans l’histoire.

En parlant de l’histoire, j’avoue que pendant un bon nombre de pages je me suis demandé « C’est quoi ce machin, ça part dans tous les sens ! » parce que je ne voyais pas vraiment où l’auteur voulait en venir, c’était sympa mais l’intrigue par rapport à Denoël était secondaire et je ne comprenais pas pourquoi on s’attardait sur tout autre chose, finalement le puzzle se met peu à peu en place, je regrette un peu qu’on ne nous donne pas d’indice (à moins qu’ils me soient passés sous le nez comme d’habitude…) pour nous mettre sur la voie afin de pouvoir mener l’enquête nous même et deviner le fin mot de l’histoire, et le dénouement peut-être un poil précipité, mais le reste m’a convaincue, enfin de compte même s’il y a des bémols, l’intrigue est tout de même bien construite, il n’y a pas de temps morts, et ce qui est tissé autour du meurtre de Denoël (fait que j’ignorais d’ailleurs, cela m’aura appris quelque chose !) parait crédible.

Et qui plus est, si l’histoire m’a globalement plu, le style de l’auteur m’a également bien emballée grâce en grande partie à l’humour utilisé qui est à base de jeux de mots plus ou moins moisi (dans ce cas « moisi » n’est pas péjoratif, parce que plus un jeux de mot est pourri plus il me fait rire ! Oui j’ai un sens de l’humour bas de plafond !) mais aussi grâce aux personnages de l’avocat Lucien et de sa secrétaire Lucette qui n’en loupent pas une et qui sont particulièrement drôles quand ils s’énervent, ou encore à l’humour grinçant présent dans certaines scènes ou chez certains personnages.
Le livre mélange donc plusieurs genres (l’historique, le polar et l’humoristique) et c’est plutôt bien réussi !

Avant cette lecture je n’avais encore jamais lu Gordon Zola, malgré la présence de « C’est pas sorcier, Harry ! » dans ma pile à lire depuis un certain temps, mais je vais sans doute me pencher plus sérieusement sur ses titres, même si « Le père Denoël est-il une ordure ? » n’est pas dénoué de défauts cette lecture m’a amusée, et j’ai passé un bon moment avec.

Ma note : 3-5
Bande-dessinée·Policier

Blacksad, Tomes 4 et 5 – Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido

..Blacksad; Tome 4 : L'enfer, le silenc
Blacksad; Tome 5 : Amarillo
Juan Diaz Canales / Juanjo Guarnido 
Édition Dargaud, 2010, 2013
Traduit par Anne-Marie Ruiz
56 et 54 pages

Genre(s) : Bande-dessinée, Policier

 

Série : Blacksad

1. Quelque part entre les ombres
2. Artic-nation
3. Âme rouge
4. L'enfer, le silence 
5. Amarillo 

   

Résumé :.

Tome 4 : Années 1950, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein.

Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star.

Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer. Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu’il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d’un égard.

Tome 5 : Weekly doit quitter La Nouvelle-Orléans ; il y laisse John qui préfère rester pour chercher du travail sur place. Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé !
 .  .
 Mon avis :.

J’avoue que j’ai du lire le tome 4 deux fois pour bien comprendre l’intrigue, car lors de ma lecture je n’avais pas trouvé l’ensemble très clair, la faute sans doute à mon cerveau embuée car après m’y être replongée les choses m’ont semblées plus limpides ! « L’enfer, le silence » a beau ne pas être mon tome favori (je crois que le premier tome restera indétrônable de toute manière !) c’est tout de même un bon cru, sans évoquer à nouveau les dessins qui restent superbes et qui restituent l’ambiance jazzy et très vivante de la Nouvelle-Orléans, l’histoire est à la hauteur des précédentes elle demande peut-être un peu plus de concentration à cause des flash-back qui ne sont pas toujours très bien amenés mais elle promet quelques retournements de situations et c’est toujours un plaisir de retrouver Blacksad et mon petit chouchou Weekly !

Dans « Amarillo » le genre change et on est un peu face à un road-trip, Blacksad espérait faire un break mais évidemment le crime le rattrape toujours et le mène jusque dans un cirque, si je ne me rappelle plus de tous les détails de l’histoire j’ai passé un bon moment avec ce nouvel opus, l’histoire est plus simple à saisir que celles des tomes 3 et 4, est toujours bien amenée, et amène pas mal d’humour, mon seul reproche concernerait Weekly, on ne le voit qu’au début et à la fin du tome, c’est vraiment trop peu et il m’a manqué !
Au niveau des dessins, je dois dire que je les ai trouvé moins précis que d’habitude, il restent très beaux mais les expressions faciales sont un légèrement moins bien travaillées…

Bref, même si quelques bémols, c’est toujours un grand plaisir de continuer cette saga, ne reste plus qu’à attendre la suite !

Ma note : 4
 
Historique·Policier

L’énigme de Saint-Olav – Indrek Hargla

 L'énigme de Saint-Olav 
Indrek Hargla  
Édition Gaïa, 2013
Traduit par Jean-Pascal 
Ollivry
330 pages

    Genre(s) : Polar, 
Historique


  . 

Merci à
 
et aux éditions 
  .

Résumé :  .
Tallinn, 1409.
Sur les hauteurs de la ville, les chevaliers teutoniques incarnent une aristocratie en fin de règne, tandis que la ville basse de Tallinn brasse une population métissée et contrastée. On y croise orfèvres, compagnons maîtres chanteurs, marchands de l’ordre des Têtes-Noires et chefs de guildes, dans l’activité bouillonnante du port de commerce de la Hanse. Un haut responsable de l’ordre des chevaliers est retrouvé décapité à la porte du monastère, une épée ensanglantée abandonnée à la hâte sur le chemin de la ville basse. Le bailli fait appel à son fidèle ami Melchior, l’apothicaire, réputé pour son ingéniosité. Courtisé pour une liqueur de sa fabrication, Melchior est un esprit éclairé au sein d’un monde obscurantiste et naïf. Il faudra toute sa perspicacité pour démêler « l’énigme de Saint-Olav ».
Un polar médiéval envoûtant.
Mon avis :. 

Lors de la dernière Masse Critique de Babelio, j’avais coché trois titres, deux me faisaient énormément envie (« Loup, y es-tu ? » de Henri Courtade et « Tout sauf le grand amour » de Kristan Higgins) et le troisième « L’énigme de Saint-Olav » m’intriguait grâce à sa couverture que je trouve assez belle et parce que c’est un polar médiéval mais m’attirait tout de même nettement moins que les deux autres, mais le hasard faisant bien les choses (ou pas !) c’est finalement ce titre que j’ai reçu, et sans avoir détesté je n’ai pas été plus emballée que cela.

A vrai dire, si j’avais eu moins de mal à distinguer les personnages les uns des autres j’aurais peut être plus adhéré à l’intrigue, car sans être complètement perdue, je me suis demandé quelques fois qui était qui, je ne sais pas si j’étais à côté de mes pantoufles ou si les personnages sont introduits trop rapidement et pas suffisamment décrits mais cela m’est arrivé d’être dans le flou, et surtout la fin du livre n’est pas parfaitement claire pour moi car je ne me souvenais tout simplement pas de certains des personnages, qui ils étaient, ce qu’ils faisaient, à quels moments ils étaient intervenus auparavant, j’ai donc compris le dénouement dans les grandes lignes mais pas dans le détail à cause de cela.

C’est d’autant plus dommage qu’en fin de compte, l’intrigue n’est vraiment pas mauvaise, contrairement au résumé qui n’est pas très clair, ou en tout cas pas suffisamment selon certains (n’est-ce pas Sunshy ? *sifflote* =D) l’histoire n’est pas bien compliquée, nous nous retrouvons en Estonie, au moyen âge où un chevalier est retrouvé décapité avec une pièce de monnaie dans la bouche, à partir de là, le bailli et l’apothicaire de la ville vont donc tenter de retrouver le meurtrier… Dans l’ensemble, l’intrigue est plutôt bien construite, cela démarre « doucement » (façon de parler étant donné que le livre s’ouvre sur la scène de meurtre du chevalier !) puis le suspense s’accentue, quelques rebondissements surgissent et à la fin j’avais vraiment envie de savoir qui était le tueur, mais même si la curiosité s’est fait ressentir, je n’ai pas été happée par l’histoire, la faute au rythme que j’ai trouvé assez irrégulier, certains chapitres se suivent bien, d’autres m’ont fait bailler d’ennui, et même quand le rythme était là il y avait de temps à autre une description et ou un dialogue qui s’éternisait et qui cassait mon enthousiasme et je n’ai pas réussi à rester accrochée d’un bout à l’autre du livre.

Les personnages ne m’ont pas non plus aidée à me passionner pour cette histoire, car il m’est arrivé de les confondre comme je le disait, mais aussi parce qu’aucun d’entre eux ne m’a marquée, bon il y a bien Melchior l’apothicaire qui est un minimum creusé et qui a une histoire personnelle assez intrigante, mais les autres sont complètement transparents, je n’ai retenu aucun nom et aucune information sur eux, je ne demandais pas leurs biographie complètes, leurs moindres pensées et leurs numéros de sécurité sociale mais les développer un peu plus n’aurait pas été une mauvaise idée !

Le seul point qui m’ait vraiment emballée au final est le cadre, l’époque, je ne sais pas si les polars se déroulant au moyen-âge sont courant mais j’ai vraiment aimé cette ambiance, cela ajoute un gros plus et j’espère dénicher d’autres livres dans ce style.

En conclusion, contrairement à ce que promettait le résumé, je n’ai donc pas trouvé ce polar envoûtant, ce n’est pas une croûte il y a quand même de bonnes choses, mais pour moi la mayonnaise n’a pas prise…
Je remercie tout de même Babelio et les éditions Gaïa pour cette découverte !

Ma note : 2-5
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Bande-dessinée·Coup de coeur·Policier

Blacksad; Tomes 1, 2 et 3 – Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido

Blacksad; Tome 1 : Quelque part 
entre les ombres
Blacksad; Tome 2 : Artic-nation
Blacksad; Tome 3 : Âme rouge   
Juan Diaz Canales / Juanjo Guarnido 
Édition Dargaud, 2000, 2003, 2005
Traduit par ?
48, 56 et 56 pages

Genre(s) : Bande-dessinée, Policier
Série : Blacksad
1. Quelque part entre les ombres
2. Artic-nation
3. Âme rouge 
4. L'enfer, le silence 
5. Amarillo

  

Résumé :.

Tome 1 : « Parfois, quand j’entre dans mon bureau, j’ai l’impression de marcher dans les ruines d’une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l’être civilisé que je fus jadis ».

Ainsi parle Blacksad, détective privé aux méthodes musclés, mais à la sensibilité à fleur de peau. Il aimerait bien être plus guilleret, l’animal, mais la dépression le ronge, et pour une juste cause : Natalia Wilford, actrice à succès et ancien amour encore si présent, vient de se faire cruellement assassiner. Blacksad va donc, en dépis des conseils du commissaire Smirnov, tenter d’élucider la mort de son ancienne compagne afin de retrouver la paix.

Mais l’enquête est bien loin d’être aisée pour notre héros, qui se lance dans un combat dont l’opposant peut être bien plus puissant qu’il ne le soupçonne…

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Tome 2 :  Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).
Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille. Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John. Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

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Tome 3 : Finances et moral au plus bas, Blacksad est à Las Vegas où il travaille pour le compte d’un joueur fortuné.

Pourtant une rencontre inattendue va bousculer sa nouvelle vie : un ami, Otto Lieber, scientifique de haut rang, est de passage dans la ville où a lieu une conférence sur le nucléaire. Les deux hommes réussissent à se voir et les souvenirs remontent à la surface… Otto semble avoir une vie passionnante malgré l’excentricité de son “bienfaiteur”, Gotfield.

Celui-ci est marié à la troublante Alma et, après ces rencontres, la vie de Blacksad va prendre une nouvelle tournure…

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  . Mon avis :.

Enfin un nouveau coup de cœur en bande dessinée après pratiquement deux ans, mais c’est un peu ma faute, ce n’est pas en lisant cinq BDs par an que je vais avoir des coups de cœur à la pelle !

A vrai dire, mon coup de cœur ne concerne que le premier tome qui m’a séduite sur tous les points, mais les deux tomes suivants sont également excellents.
Le gros point positif de cette saga c’est avant tout les dessins, j’ai été étonnée par leur qualité, les expressions des personnages sont très réalistes, greffer des mimiques humaines à des animaux aurait pu donner un résultat ridicule et c’est finalement tout le contraire, c’est bluffant, et toutes les illustrations de manière générale, que ce soit les personnages ou les décors sont superbes et l’ambiance digne d’un bon vieux polar est parfaitement retranscrite.

Du côté des intrigues, les trois sont bien différentes et là encore ma préférence va à celle du premier tome, mais j’ai également passé un bon moment de lecture avec les deux autres.
La troisième est peut être la moins bonne mais c’est surtout dû au fait que je l’ai trouvée un peu fouillis, il se passe beaucoup de choses et sans que ce soit incompréhensible ce n’est pas toujours très « fluide », malgré tout, les trois enquêtes sont intéressantes, et certains thèmes plus sérieux sont évoqués comme le racisme dans le second album, quand j’ai vu cela je me suis dit qu’une histoire de racisme alors que les personnages sont des animaux pourrait vraiment faire tâche, et finalement c’est très bien traité, le seul vrai défaut en fin de compte c’est que la cinquantaine de planches de chaque volume passent trop vite !
 
Les personnages aussi sont vraiment bien réussis et choisis de façon astucieuse par rapport à leur rôle, par exemple un sage berger allemand comme commissaire de police, un gorille comme boxeur ou encore mon petit préféré qui m’a bien fait rire : Weekly le journaliste qui est une fouine !
Et bien sur, il y a le héros John Blacksad auquel je me suis attachée, il est flegmatique, charmeur, touchant mais a aussi un côté plus sombre, et j’ai aimé le suivre et découvrir aussi un morceau de son passé.Ce sont donc des bandes-dessinée qui valent vraiment le coup qu’on s’y attarde, j’ai maintenant hâte de lire le quatrième tome et j’espère pouvoir le faire au plus vite !

Ma note : Pour le tome 1 coupdecoeur

 Pour les tomes 2 et 3 : 4-5